I) ECO-QUARTIER : DEFINITION ET OBJECTIFS
Le plus souvent programmés et réalisés à l’occasion d’une requalification ou d’une rénovation de quartiers existants, le terme d’éco-quartier désigne, de manière restreinte, un projet d'aménagement urbain visant à intégrer des objectifs de développement durable et à réduire l'empreinte écologique du projet. (cf. le concours éco-quartiers lancé par le MEEDDM).
D’un point de vue législatif, les deux lois « Grenelle 1 » et « Grenelle 2 » font explicitement référence à la réalisation, par les collectivités territoriales, « d’éco-quartiers », définis comme «opérations exemplaires d'aménagement durable des territoires».
Parallèlement aux objectifs en termes d’innovation énergétique et architecturale, de rénovation du patrimoine existant et de développement de modes de déplacement économes, le texte de la première loi insiste sur la prise en compte des « enjeux sociaux » liés au développement urbain de proximité (Grenelle 1 /Chapitre 2/section I/Article 7/alinéa III)
L’article 14 de la loi Grenelle 2 vise quant à elle un « équilibre » entre « renouvellement urbain », « utilisation économe des espaces naturels », « réduction des émissions de gaz à effet de serre, «préservation des ressources naturelles et de la biodiversité » et « diversité des fonctions urbaines et rurales et la mixité sociale dans l'habitat ».
Trois grands domaines d’objectifs semblent donc se dégager de ces définitions : la performance écologique des éléments bâtis et des infrastructures, la dimension sociale, et enfin la biodiversité (faune et flore).
En pratique, comment sont hiérarchisés ces trois domaines ?
La première catégorie, celle des objectifs en matière environnementale, est la plus communément reçue, la définition de l’éco-quartier s’y limitant parfois en pratique. Les objectifs sont ici la réduction des consommations énergétiques et des consommations d’eau, une gestion des déplacements favorisant les circulations dites douces, et limitant autant que possible la voiture, une gestion des déchets tendant d’abord à en limiter la production et à faciliter une réutilisation éventuelle.
Parallèlement à ces aspects environnementaux, l’éco-quartier tend également à favoriser l’équité sociale en garantissant par exemple l’accessibilité du quartier à toutes les couches sociales, l’efficience économique en veillant à ce que le quartier soumette la collectivité à des charges d’exploitation moins importantes pour tous, et vise enfin la participation citoyenne en associant les habitants au projet et à la vie du quartier et en les sensibilisant aux enjeux du développement durable.
La biodiversité, faune et flore, peut également, mais souvent à moindre titre, être visée de manière concrète dans le cahier des charges d’un projet d’éco-quartier.
A partir de ces trois domaines d’exigence, de nombreux sous-critères sont déclinables. Les différentes méthodes ou référentiels aujourd’hui disponibles en France ou à l’international - LEED ND, BREEAM Communities, Q3VIE, HQE Aménagement (voir Annexe) - font en effet référence, sous des dénominations très diverses, à des séries d’indicateurs variées.
Ville ou quartier : deux échelles pour des problématiques différentes
L’étymologie du mot urbanisme l’atteste, la ville (urbis en latin), considéré comme ensemble, a longtemps fait figure de dimension incontournable pour poser les problèmes et les enjeux de développement des territoires. Passer d’une réflexion sur la qualité environnementale des villes à un travail sur les quartiers n’étant pas un geste neutre, en quoi les réflexions actuelles sur les éco-quartier sont-elles le signe d’une approche différente ?
La dimension symbolique du quartier n’est pas celle de la ville. Quant cette dernière reste encore très administrative, le quartier représente quelque chose de plus lié à l’habitat, à l’habitant, au concret, à la diversité des enjeux et à la quotidienneté des rapports sociaux. Faire porter l’ambition d’une politique publique sur les quartiers, c’est se préparer à répondre à des questions de proximité qui ne pourront se limiter à des considérations urbanistiques ou même environnementales.
Un quartier peut être compris comme espace fonctionnel, dédié au travail, au commerce, à la résidence. Mais le quartier renvoie également, dans l’imaginaire collectif, à des aspects de distinction sociale. En effet, on parle de quartiers dits, en fonction de critères de revenus, de nationalité, de culture, de religion, « populaires », « bourgeois », « chinois », « juif », « sensibles » etc.
Le quartier, c’est à la fois l’échelle de l’homogène, lorsqu’il est dédié à une fonction ou encore à une fraction de population, et de la mixité, puisque le quartier renvoie également à la notion de vie en commun, de voisinage, en termes le plus souvent de proximité par rapport au logement. C’est ce lien très fort entre quartier et logement qui fait du quartier une dimension essentielle et incontournable pour les maitres d’ouvrages et l’ensemble des compétences dédiées à l’acte de construire.
La ville, échelle très largement privilégiée dans la littérature urbanistique des années 60/90, semble offrir moins de garantie en matière de mixité puisqu’à son échelle peuvent coexister des quartiers dédiés à toutes les fonctions et à toutes les populations mais parfaitement clos entre eux.
D’un point de vue pratique, la récente promotion du « quartier » au rang d’échelle de référence vient également souligner un fait très simple : les défis de nos territoires sont avant tous des défis de rénovation ou de construction d’espaces restreints.

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