III) DE LA CONCEPTION A L’EXPLOITATION : UNE MOBILISATION NECESSAIRE DES HABITANTS
La loi fixe des niveaux de performance, la technologie offre les moyens de les atteindre, mais c’est l’usager qui au bout du compte sera acteur quotidien des progrès escomptés, d’où l’importance, dans le cadre de la réflexion sur les éco-quartiers, de la prise en compte des besoins et de l’association à différents degrés des futurs usagers.
Un cahier des charges type de l’éco-quartier devrait, là aussi, inclure des prescriptions relatives à l’association des habitants au projet, notamment pour les phases de préconception et d’accompagnement dans l’exploitation. De fait, les démarches existantes y font parfois référence, mais cela n’est pas encore systématique.
Cette dernière phase, absolument capitale, est encore aujourd’hui trop peu investie, et doit se doter d’objectifs et d’outils de contrôle clairs et performants, formant le pendant de l’effort réalisé en amont par le biais des initiatives normatives, règlementaires ou des démarches libres de certification. La démarche menant à l’éco-quartier doit être globale et cohérente : conception vertueuse, construction conforme, utilisation pertinente.
En matière d’utilisation des bâtiments, la notion de « maîtrise d’usage » est intéressante. Cette dernière souligne le rôle que doivent jouer les habitants et leurs éventuels partenaires associatifs dans le cadre de la définition des attentes et d’un contrat d’usage. Il n'appartient pas aux habitants de se substituer à la maitrise d’œuvre mais de formaliser, sur un temps long, leurs attentes et leurs besoins. Ce travail, ces réflexions, pourront dès lors être versées au cahier des charges techniques du projet, ensuite confié au maître d'œuvre.
Les habitants doivent nécessairement être associés au projet afin que le sentiment de contrat collectif et d’appartenance puisse engendrer une réussite du projet en phase d’exploitation.
Au delà des discours de promotion de principes « participatifs » en matière de gestion de projet, il faut prendre ici la nécessité d’implication des citoyens dans un sens très pragmatique. En effet, les solutions architecturales, techniques ou environnementales seront bientôt mises à l’épreuve de la vie. Et c’est l’usage des bâtiments qui validera, dans quelques années, la réussite ou l’échec des différents projets. En cas de résultats décevants, et quand bien même celui-ci serait pertinent, l’argument consistant à pointer du doigt le mauvais usage des installations ne sera pas suffisant pour dédouaner le management de projet n’ayant que peu insisté sur l’implication initiale des utilisateurs et sur l’information et la formation à l’exploitation. Toute démarche d’éco-quartier devrait comprendre un volet information et responsabilisation de l’habitant, et de nombreux modes de communication et d’outils à destination des utilisateurs restent à définir : explication des possibilités techniques d’un logement, responsabilisation des usages, individualisation accrue des charges, contrôle et publication de celles-ci, plans d’entretien, présentation d’un « carnet de santé » du bâtiment, réunions annuelles des habitants sur le thème de l’énergie.
Malgré les efforts récents, notamment dans les projets hexagonaux, en faveur de l’information des futurs habitants, de nombreux outils sont encore à inventer pour que chacun soit impliqué et que tous soient responsables. En la matière aussi, l’éco-quartier est bien, avant d’être un nouveau mode de vie, une nouvelle façon de concevoir.

Commentaires
J'ai une question à poser aux personnes qui se sont impliquées dans le projet d'un écoquartier. Comment s'est faite la mise en place de la concertation des habitants?
Merci de votre réponse
Bonne journée
Ces trois organismes ont pour mission de développer, apprécier, évaluer et vérifier la qualité du logement. Dans ce cadre, ils certifient des logements qui peuvent être implantés sur des éco-quartiers et c’est notamment le cas sur l’Eco-quartier des Coteaux de la Seille, à Metz.
Cet éco-quartier de 30 hectares est situé dans le prolongement naturel du Parc de la Seille et du quartier Amphithéâtre, il se compose de 1 500 à 1 600 logements neufs (intégrant les exigences environnementales de performance énergétique, utilisation de matériaux et de processus économes), dont 20% de logements sociaux qui représenteront 360 à 400 logements (soit 900 à 1 100 habitants).
Une convention de partenariat avec CERQUAL et la ville a été signée en juin 2010 afin d’atteindre et de contrôler les objectifs de développement durable sur les logements de l’Eco-Quartier.
La ville de Metz met ainsi en place une concertation à travers deux vecteurs :
- en amont du projet d’Eco-Quartier, au travers de réunions d’information et d’échange collectives pour recueillir les impressions et remarques des futurs habitants ;
- et à travers un point Informations pour promouvoir le projet et centraliser les demandes des riverains
La démarche éco-quartier nécessite une démarche participative : les éco-quartiers sont conçus avant tout pour les habitants, les impliquer permet d’évaluer leurs attentes et besoins et favorise leur appropriation. De plus, l’implication des futurs habitants et habitants actuels du quartier est un moyen de les sensibiliser aux enjeux du développement durable et de faciliter les changements de comportements individuels. Enfin, cette implication nécessite un accompagnement des collectivités locales et des associations locales.
Pour conclure, nous vous informons que QUALITEL et CERQUAL, sont membres du comité de préfiguration sur le label Eco-Quartier, que souhaite mettre en place en 2012, le secrétaire d’Etat au Logement.
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