Dans un contexte de crise immobilière sans précédent, le 10ème Baromètre annuel QUALITEL livre un éclairage transversal sur l’habitat vu par ses habitants. L’Association QUALITEL, qui œuvre pour la qualité du logement, appelle les pouvoirs publics et les candidats aux élections présidentielles de 2027 à intégrer cet éclairage à leurs réflexions et stratégies en la matière.
Cette édition met aussi en lumière ce qui fonde concrètement le sentiment d’être bien logé. Parmi les différents critères liés à la qualité du logement, certains jouent un rôle particulièrement déterminant dans l’appréciation que les Français portent
sur leur cadre de vie. C’est un enseignement essentiel : la question du logement ne peut pas se résumer au nombre de logements
disponibles. Elle est indissociable de leur qualité et de leur capacité à répondre aux besoins de ceux qui les habitent.
Se loger : un défi pour les Français
Un parcours d’accès plus difficile
Parmi les Français ayant recherché un logement au cours des cinq dernières années, 54 % déclarent avoir rencontré des difficultés. Pour ceux dont la recherche remonte à plus de dix ans, ce chiffre est de 36 %.
L’évolution est nette et ces difficultés s’observent partout en France. :

Par ailleurs, ce sont les locataires qui sont les plus touchés : 63 % de ceux ayant recherché leur logement il y a moins de cinq ans v/s 42 % des propriétaires.
Les jeunes sont également particulièrement exposés à ces difficultés : 61 % chez les 18-24 ans, 70 % chez les étudiants.
Des difficultés liées à une pénurie de logements et aux contraintes budgétaires des Français
Pour 82 % des personnes ayant rencontré des difficultés, au moins une des raisons tient au manque de logements disponibles dans la zone recherchée ou correspondant à leurs besoins. Vient ensuite la question financière : 69 % citent au moins une raison liée au budget, qu’il s’agisse du prix de vente, du loyer, du crédit, des charges ou des conditions d’accès au logement.
Des projets de vie repoussés
58 % des Français ayant rencontré des difficultés à trouver leur logement estiment que celles-ci ont eu des conséquences négatives sur leur vie. C’est d’autant plus vrai chez les moins de 25 ans : 62 % évoquent des répercussions scolaires ou professionnelles et 60 % une cohabitation « subie ».
Ces difficultés ont également un impact sur les projets familiaux : près d’un quart des 18-35 ans (24%) ayant eu du mal à trouver un logement déclarent avoir dû reporter ou renoncer à un projet d’enfant pour cette raison.
Sans surprise, ces difficultés affectent aussi la santé, générant du stress (86 %) et / ou de la fatigue (84 %).
Un poids financier en hausse dans le budget des ménages
63 % des Français estiment que la part de leur budget consacrée à leur logement (loyer ou crédit, charges courantes, énergie) a augmenté au cours des cinq dernières années. Cette augmentation, dans un contexte de baisse du pouvoir d’achat, inquiète : 19 % des répondants craignent de ne pas pouvoir rester dans leur logement actuel à court, moyen ou long terme pour des raisons financières.
Une fois chez eux, les Français ont-ils le sentiment d’être bien logés ?
Les Français se sentent plutôt bien chez eux, même si tout le monde n’est pas logé à la même enseigne
Si 51% des Français se disent très bien, voire extrêmement bien logés, tous ne sont pas logés à la même enseigne : ce chiffre s’élève à 60 % chez les propriétaires et descend à 35 % chez les locataires. Le sentiment d’être bien logé est également plus répandu parmi les habitants de maisons (58 %) que parmi ceux vivant en appartement (38 %).


L’ancienneté du logement joue également : 62 % des habitants d’un logement construit depuis 2016 se sentent très ou extrêmement bien logés, contre 35 % de ceux vivant dans un logement construit entre 1946 et 1970.
Se sentir bien logé : la qualité du logement fait la différence
Le lien entre qualité perçue du logement et sentiment d’être bien logé est particulièrement marqué. Le Qualiscore, indice QUALITEL mesurant sur 10 la satisfaction des Français à l’égard de vingt caractéristiques de leur logement, atteint ainsi 8,6/10 chez ceux qui se sentent extrêmement bien logés, contre 3,8/10 chez ceux qui déclarent ne pas être bien logés.
Et se sentir bien chez soi ne repose pas sur un seul critère. 5 sont particulièrement déterminants : la consommation d’énergie, l’isolation phonique, le confort thermique en hiver, le confort thermique en été et l’aération / ventilation.
D’autres aspects jouent (agencement intérieur, qualité des matériaux, luminosité naturelle, humidité, qualité de la vue…) : au global, 15 facteurs influent significativement sur le sentiment d’être bien logé. Ce résultat confirme ainsi la nécessaire approche multicritère de la qualité du logement : c’est la combinaison de plusieurs dimensions de qualité qui contribue au sentiment d’être bien logé.
Demain, les Français craignent-ils d’être moins bien logés ?
Une vision plutôt contrastée
Les facteurs financiers (part du crédit / loyer / charges de copropriété /dépenses énergie dans le budget), arrivent aux 1ers rangs des sujets appelés à se détériorer dans les vingt ans à venir selon les répondants.
Côté améliorations en revanche, la dimension technique l’emporte, avec le confort d’hiver, l’isolation acoustique, l’adaptation au vieillissement et au handicap et la résilience des logements face aux épisodes climatiques, en tête des améliorations attendues.
Malgré l’alourdissement du poids financier, la propriété reste fortement associée au fait de se sentir bien logé demain : 69 % des Français considèrent qu’être propriétaire de sa résidence principale sera indispensable ou important pour se sentir bien logé(e) dans 20 ans. Cette proportion atteint 77 % chez les 18-24 ans.
Logement de demain : accessible, rénové et adapté
Pour se sentir mieux logés dans vingt ans, les Français pointent trois priorités :

Parallèlement, la qualité reste une attente forte pour le Français : 80 % d’entre eux demandent que soient proposés davantage de logements neufs répondant aux exigences de confort et de bien-être.
La question du logement ne peut plus être abordée sous le seul angle de l’accès. Bien sûr, il faut permettre à chacun de trouver un logement correspondant à ses besoins et à ses moyens. Mais il faut aussi garantir que ce logement soit de qualité, confortable, performant et capable de s’adapter aux évolutions de nos modes de vie comme aux défis de demain. Les Français nous le disent très clairement dans ce 10ème Baromètre : être logé ne suffit pas, il faut pouvoir être bien logé. Alors que beaucoup d’entre eux doutent aujourd’hui d’être mieux logés demain, les politiques publiques à venir devront répondre à cette double exigence : permettre de construire et de rénover suffisamment de logements, sans jamais transiger sur leur qualité.