Baromètre 2018 : logement connecté, ce n’est pas encore gagné

Les logements connectés sont de plus en plus nombreux dans le parc de logement français ; il leur reste pourtant de sérieux obstacles à franchir pour s’imposer comme un nouveau standard.

Les logements connectés gagnent du terrain

Le logement connecté est encore minoritaire, 3 habitats sur 10 possèdent au moins un équipement connecté, mais sa part ne cesse de progresser dans le parc global : ainsi 54 % des logements récents (moins de 5 ans) comptent au moins un service connecté, et 30 % en comptent même deux ou plus.

L’alerte anti-intrusion est le service connecté le plus « populaire » : il équipe 21 % des logements. Suivent la vidéosurveillance (15 % des foyers équipés), le pilotage du chauffage (12 %), le pilotage des équipements à distance (11 %) et l’alerte en cas d’inactivité suspecte d’une personne âgée / handicapée (8 %).

Globalement, les services connectés donnent satisfaction : les Français équipés d’une alarme sont ainsi plus nombreux que les autres à se dire satisfaits de la sécurité de leur logement. De la même façon, ceux qui peuvent piloter à distance leurs équipements sont plus satisfaits de leur consommation énergétique (78 % vs 70 % pour la moyenne des répondants). Enfin, les Français qui possèdent un dispositif détectant les chutes ou l’inactivité d’une personne âgée/handicapée sont 1,5 fois plus nombreux à être satisfaits de l’adaptation de leur logement aux personnes âgées ou handicapées.

Pour poursuivre son essor, le logement connecté va devoir surmonter de sérieux obstacles

Premier obstacle : le rapport coût / utilité perçue

Les Français ont du mal à percevoir l’utilité de certains services connectés. Ceux qui sont majoritairement jugés utiles répondent à un enjeu de protection du domicile ou des personnes, comme « être alerté en cas de fuite eau-gaz ou d’incendie » (85 %) et « surveiller à distance son logement contre les intrusions » (72 %), ou génèrent un bénéfice financier immédiat (« contrôler sa consommation en énergie » : 81 %).

Les nouveaux usages, qui font le « buzz » et annoncent une possible révolution de la vie à la maison, n’ont pas encore réussi à convaincre tous les Français de leur utilité. Ainsi, alors que les enceintes connectées font la une de l’actualité, seule une personne interrogée sur quatre les estime pour l’instant « utiles ».

Moins de la moitié des Français se déclarent prêts à investir dans des services connectés, même pour ceux jugés les plus utiles.

Car le coût (réel ou perçu) est le premier obstacle à l’achat :
75 % des répondants considèrent que « des prix trop élevés les dissuaderaient d’équiper leur logement en objets connectés ». De fait, les services connectés sont aujourd’hui l’apanage des foyers les plus aisés : plus d’un tiers des foyers gagnant plus de 5 000 € net / mois possèdent au moins deux équipements connectés, contre seulement 16 % de ceux qui gagnent moins de 3 000 € net / mois.

 

Deuxième obstacle : les techno-phobies

Les Français ne laissent pas entrevoir d’appétence particulière pour davantage de technologie dans leur vie :52 % d’entre eux estiment qu’il y a « juste ce qu’il faut de technologie » dans leur quotidien, 31 % qu’il y en a « trop », et seulement 7 % qu’il n’y en a « pas assez » (10 % ne « savent pas »). Les réponses à cette question sont très homogènes, quels que soient l’âge, le sexe ou la région d’habitation des répondants. Étonnamment en particulier, les jeunes de moins de 35 ans ne réclament pas davantage de technologie que leurs aînés.

 

Pour fonctionner, les services connectés ont besoin d’être… connectés. Or, plus de la moitié des Français ont peur que les ondes wifi / électromagnétiques nuisent à leur santé ou à celle de leurs proches. Une crainte d’autant plus forte que la famille est nombreuse. Les personnes vivant seules sont 45 % à craindre les ondes, contre 51 % pour les foyers de deux personnes, et 61 % pour ceux de quatre personnes ou plus.

Les Français craignent aussi que leurs équipements ne se transforment en « mouchards ». Trois quarts des personnes interrogées disent avoir peur que « des entreprises récupèrent (leurs) informations personnelles pour un usage commercial ».

Un Français sur deux n’est pas prêt à partager des informations relatives à ses habitudes (chauffage, heures de présence) pour réduire sa consommation énergétique et sa facture. Preuve que, même avec un gain économique tangible à la clef, la question des données personnelles reste un sujet sensible pour les consommateurs.

Enfin, un nombre non-négligeable de personnes interrogées craignent tout simplement une défaillance technique : 68 % craignent que « leurs appareils tombent en panne et que plus rien ne fonctionne », 50 % redoutent de « perdre la maîtrise de (leurs) équipements », etc.

 

Focus – Les robots ne sont pas encore nos meilleurs amis

11 % des Français seraient prêts à « utiliser des robots pour jouer avec leurs enfants / les occuper » et 25 % pour « tenir compagnie à une personne âgée ». Ils sont encore plus ouverts pour des usages qui n’impliquent pas d’interactions avec des personnes : 40 % sont prêts à « utiliser des robots pour faire acte de présence face aux intrusions » et 51 % pour les « aider dans les tâches ménagères ».

Objets connectés : les nouveautés attirent les Français

Si les objets connectés sont encore minoritaires dans les logements (3 logements sur 10 en sont équipés), ils génèrent une vraie appétence chez les consommateurs.

Les objets sur le marché depuis plusieurs mois remportent une forte adhésion. Ceux qui ressortent en première position des intentions d’achat répondent avant tout à des enjeux de protection des biens et des personnes, ou permettent de faire des économies : alertes temps réel en cas de fuite d’eau, de gaz ou d’incendie (46 %), alertes anti-intrusion (42 %) ou compteurs électriques intelligents (41 %). Ces 3 objets sont jugés utiles par plus des trois quarts des personnes interrogées.

Les équipements plus récents enregistrent naturellement des scores plus faibles, mais déjà encourageants. Ainsi, 14 % des Français se disent prêts à investir dans des enceintes connectées (soit l’équivalent de 4 millions de foyers). Il en va de même pour des objets comme le réfrigérateur connecté ou le parking intelligent (optimisation des places au moyen de capteurs), qui intéressent près d’un Français sur dix.

 

Qui sont les Français prêts à acheter des objets connectés ?

Contrairement aux idées reçues, les intentions d’achats ne dépendent pas du statut de l’occupant d’un logement (propriétaires vs locataires) ou de son lieu d’habitation (villes vs campagnes).

Il existe en revanche une « géographie » des intentions d’achats. L’Île-de-France est par exemple, et de loin, la région la plus technophile, suivie par les Hauts-de-France. Le Sud-Est a contrario est quasi-systématiquement l’ensemble géographique qui compte les intentions d’achats les plus basses. Ainsi, près d’une personne sur deux en Île-de-France (46 %) se dit prête à payer pour un compteur intelligent, contre 38 % des habitants du Sud-Est, et même 36 % des habitants de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Première explication : la pyramide des âges de ces régions. En effet, le Sud-Est compte une forte proportion de seniors, là où l’Île-de-France et les Hauts-de-France ont les populations les plus jeunes en métropole (1 habitant sur 3 a moins de 25 ans).

On retrouve ce « fait générationnel » pour les objets commandés à distance (via smartphones, tablettes ou commande vocale). Ainsi, 20 % des moins de 35 ans se disent prêt à payer pour un assistant vocal, contre 17 % des 35-59 ans et 12 % des plus de 60 ans.

Qui sont les Français déjà équipés ?

Deux facteurs jouent, plus que les autres, dans l’équipement en objets connectés des Français :

L’âge du logement

Les logements les plus récents sont nativement équipés en objets connectés. 43 % des logements construits il y a moins de 5 ans en possèdent au moins un. C’est 12 points de plus que les logements plus anciens. Signe que le nombre d’objets connectés, avec le renouvellement du parc de logements, va mécaniquement augmenter au cours des années à venir.

Le niveau de revenu

Les objets connectés sont (encore) l’apanage des foyers aisés. Ceux dont le revenu mensuel net est supérieur à 5 000 € par mois sont, en moyenne, deux fois plus nombreux à en posséder au moins un que les foyers gagnant moins de 2 000 € (49 % vs 24 %).

Les essayer, c’est les adopter. Plus on possède d’objets connectés, plus les intentions d’achat sont fortes. Ainsi, le plus populaire d’entre eux (l’alerte temps réel en cas de fuites d’eau, de gaz ou d’incendie) enregistre 41 % d’intentions d’achat chez les Français qui ne possèdent aucun objet connecté. Cette proportion monte à 51 % chez ceux qui possèdent déjà un équipement connecté, puis à 57 % pour ceux qui en ont 2 et à 63 % pour ceux qui en possèdent 3 ou plus.

les hommes sont plus technophiles que les femmes

7 % des Français estiment qu’il « n’y a pas assez de technologie » dans leur quotidien. Mais ce résultat varie fortement en fonction du sexe des répondants : les hommes sont presque deux fois plus nombreux que les femmes à trouver qu’il leur faudrait plus de technologie.

Les marques doivent encore rassurer sur la fiabilité des équipements

En France, les objets connectés soulèvent encore plusieurs interrogations. Et ce, quels que soient les critères sociodémographiques des répondants (âge, sexe, catégorie socioprofessionnelle).

  • Près de 7 personnes sur 10 craignent « que leurs appareils ne tombent en panne et que plus rien ne fonctionne »
  • 50 % des Français ont peur de « perdre la maîtrise de leurs équipements »
  • 48 % des répondants ont « peur de devenir dépendants de la technologie et de ne plus savoir comment faire sans ».

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