Pouvez-vous nous présenter Qualit’IMMO ?

Qualit’IMMO est une entreprise familiale créée en 2005 à Rodez par mon père, Jean-Marie Labit, et moi-même. Nous avons démarré tous les deux avant de développer progressivement l’entreprise.
Aujourd’hui, nous sommes une dizaine de collaborateurs et nous intervenons exclusivement sur Rodez et son agglomération, où nous sommes devenus un acteur majeur de la promotion immobilière. Notre activité a fortement progressé : nous construisions entre 60 et 80 logements par an à nos débuts, une centaine après 2020, et nous prévoyons désormais de livrer entre 150 et 200 logements par an.
Mon père reste co-gérant et apporte toujours son expertise technique, tandis que je me consacre davantage au développement foncier, à la commercialisation et à la direction de l’entreprise.
Votre entreprise est engagée dans la certification NF Habitat depuis 2016. Qu'est-ce qui a motivé ce choix ?
Tout est parti d’un échange avec de jeunes acquéreurs en 2013. Ils nous ont demandé si nous étions certifiés NF Habitat afin d’être rassurés sur la qualité de la construction. C’était la première fois qu’un client évoquait cette certification, mais cette question nous a fait réfléchir à la manière d’apporter une preuve objective de notre engagement qualité.
En 2016, nous nous sommes donc engagés dans la certification NF Logement – devenue depuis NF Habitat – pour répondre à des appels d’offres publics. Elle nous a apporté une crédibilité supplémentaire.
Au-delà de cet objectif initial, la certification a profondément transformé notre organisation. Nous avons construit nous-mêmes notre système de management responsable, qui reflète notre manière de travailler. Cela a structuré l’ensemble de nos processus, facilité la délégation grâce à des indicateurs de pilotage et renforcé l’autonomie des équipes.
C’est aussi un formidable outil d’intégration. Sur notre territoire, il est difficile de recruter des professionnels déjà formés à la promotion immobilière. Notre système permet de transmettre rapidement nos méthodes de travail et notre culture d’entreprise à de nouveaux collaborateurs.

Comment conciliez-vous aujourd'hui les attentes économiques du marché avec cette exigence de qualité ?
Il ne faut jamais se déconnecter du marché. Nous avons la particularité de ne pas avoir développé notre activité autour de dispositifs de défiscalisation. Cela nous a conduits à construire des logements dont les prix restent cohérents avec le marché local et aujourd’hui très compétitifs face à l’ancien.
Ensuite, tout se joue sur l’ensemble de la chaîne de production : la maîtrise du foncier, la qualité de la conception architecturale et l’optimisation technique des bâtiments.
Nous travaillons notamment sur des solutions constructives qui permettent de réduire les quantités de béton sans dégrader les performances des logements. L’objectif est simple : économiser là où cela n’apporte rien à l’acquéreur pour préserver ce qui compte réellement pour lui, à savoir le confort thermique, acoustique, la qualité d’usage et la qualité globale du logement.
Val Nature était nommé au SIBCA dans la catégorie « Aménagement ». Qu'est-ce qui rend ce projet si particulier ?
Val Nature est un projet très particulier parce qu’il ne s’agit pas seulement de construire une résidence, mais de concevoir un véritable quartier autour de son environnement naturel.
Nous travaillons sur ce dossier depuis 2019. Dès le départ, nous avons choisi de considérer les caractéristiques naturelles du site – sa topographie, ses arbres centenaires, sa zone humide – non pas comme des contraintes, mais comme des atouts qui devaient structurer le projet.
Cette approche a guidé toute la conception du quartier.

Vous avez choisi d’engager le projet dans le profil Biodiversité de NF Habitat, qui prévoit notamment un état des lieux scientifique du site. Qu'est-ce que cette démarche vous a appris ?
Nous avons travaillé avec un écologue, une association environnementale locale, des urbanistes et des géomètres. Ces échanges nous ont amenés à aller beaucoup plus loin que la simple création d’un quartier végétalisé.
Ils nous ont permis de comprendre le fonctionnement écologique du site et de faire évoluer progressivement le projet vers une véritable démarche d’écoquartier.
Ce n’est qu’après avoir conçu le projet que nous avons constaté qu’il répondait naturellement aux exigences de NF Habitat Biodiversité.
Cette analyse a donc influencé la conception du projet.
Complètement.
Par exemple, l’implantation des bâtiments a été pensée pour préserver au maximum les arbres et les haies bocagères existants. Sur l’ensemble des arbres présents sur la parcelle, seuls trois ont dû être supprimés, dont un qui était déjà mort.
La biodiversité a véritablement guidé les choix d’aménagement.
Quelles actions permettront de renforcer la biodiversité une fois le quartier réalisé ?
Nous avons imaginé trois grandes trames écologiques.
Une trame noire, sans éclairage nocturne, permettra aux espèces animales, notamment aux rapaces nocturnes, de continuer à traverser le site.
Une trame verte préservera les arbres existants et créera un véritable corridor végétal reliant différents espaces naturels.
Enfin, une trame bleue assurera une gestion paysagère des eaux pluviales grâce à des noues et à un grand bassin de rétention conçu comme un véritable espace de vie, et non comme un simple ouvrage technique.
Sur le site de Val Nature, vous affirmez que « le végétal ne vient pas en décor, il structure l'ensemble du projet ». Comment cela se traduit-il concrètement ?
D’abord par la préservation de la végétation existante, qui a guidé l’urbanisme du quartier.
Ensuite, nous avons choisi de créer une véritable forêt au-dessus de la zone humide en utilisant la méthode Miyawaki. Cette technique consiste à planter de très jeunes arbres d’essences locales, très densément, afin qu’ils se développent rapidement en se stimulant mutuellement.
Notre ambition est de recréer un milieu forestier le plus rapidement possible, avec des espèces parfaitement adaptées au territoire. Cette forêt sera sanctuarisée, non accessible à l’homme, afin de créer aussi un espace de nature sauvage, refuge pour la faune.
Quand vous regardez le chemin parcouru depuis dix ans avec NF Habitat, de quoi êtes-vous le plus fier ?
De l’évolution de l’entreprise.
Au départ, tout reposait essentiellement sur mon père et moi. Aujourd’hui, nous avons construit une organisation collective où chacun connaît son rôle et travaille de manière autonome.
La certification a largement contribué à cette évolution. Elle nous a permis de formaliser notre savoir-faire, de déléguer davantage et de consacrer plus de temps aux nouveaux enjeux, notamment environnementaux.
Plus que les projets eux-mêmes, c’est cette transformation collective dont je suis le plus fier.
Quels seront, selon vous, les principaux défis des promoteurs dans les dix prochaines années ?
Le premier défi reste évidemment l’intégration des enjeux environnementaux et climatiques.
Mais il ne faut pas perdre de vue notre mission première : produire des logements qui répondent aux besoins des habitants.
Le risque serait de concevoir des produits tellement ambitieux qu’ils deviendraient inaccessibles ou ne correspondraient plus aux attentes du marché. Il faudra donc réussir à conjuguer qualité environnementale, maîtrise des coûts et réponse aux besoins en logements.
Quel message adresseriez-vous aux promoteurs qui hésitent encore à s'engager dans une démarche de certification et de prise en compte de la biodiversité ?
La certification est avant tout une démarche volontaire. Si l’on n’est pas convaincu de son intérêt, elle peut paraître contraignante au départ. Mais une fois mise en place, elle facilite le travail, sécurise les projets et accompagne la croissance de l’entreprise.
Concernant la biodiversité, notre expérience montre qu’il ne faut pas rechercher le label pour le label. Dans notre cas, nous avons d’abord conçu un projet qui respectait profondément les caractéristiques du site. Ce n’est qu’ensuite que nous avons constaté qu’il répondait aux exigences de la certification.
Aujourd’hui, les acquéreurs sont de plus en plus sensibles à ces sujets. Le risque de greenwashing existe, et c’est précisément là que la certification prend tout son sens : elle apporte une preuve indépendante et crédible des engagements pris.
Elle nous a également permis de monter en compétence sur les enjeux écologiques et de mieux objectiver nos choix grâce à des indicateurs reconnus.
Je suis issu du monde agricole et cette démarche fait écho à mes premières convictions. Je suis persuadé que nous n’en sommes qu’au début : les dix prochaines années verront la prise en compte de la biodiversité devenir un élément incontournable de la manière de construire.