Qu’est-ce que la gestion intégrée des eaux pluviales ?La gestion et l’évacuation des eaux pluviales en maison individuelle ne se limitent plus aujourd’hui à un simple raccordement aux réseaux. Elle constitue un véritable enjeu d’aménagement durable pour tout projet de construction. Définition : gérer l’eau de pluie directement sur la parcelle La gestion intégrée des eaux pluviales (GIEP) repose sur le principe central de gérer l’eau de pluie directement sur la parcelle, au plus près de son point de chute. Contrairement au modèle classique qui consiste à collecter l’eau pour l’évacuer vers les réseaux publics, cette approche vise à : limiter le ruissellement ; favoriser l’infiltration naturelle dans le sol ; encourager l’évapotranspiration par la végétation ; ralentir les écoulements lors des fortes pluies ; lutter efficacement contre les inondations ; désaturer les réseaux ; recharger les nappes phréatiques. Comme le rappelle le Guide des bonnes pratiques de la Gestion Intégrée des Eaux Pluviales de Terres d’Argentan – Normandie, l’objectif consiste à préserver autant que possible le cheminement naturel de l’eau, principalement par infiltration et évaporation. La gestion intégrée considère l’eau de pluie non plus comme une contrainte ou un danger à évacuer, mais comme une ressource à protéger et intégrer dans le projet. Une démarche de désimperméabilisation des sols La gestion intégrée des eaux pluviales s’inscrit également dans une logique de désimperméabilisation des sols qui vise à limiter les surfaces artificialisées/minérales afin de favoriser l’infiltration naturelle de l’eau dans les sols et de préserver le cycle de l’eau. En anticipant la gestion des eaux pluviales lors de la construction d’une maison individuelle, vous contribuez aussi à la prévention des inondations à l’échelle de votre quartier. Pourquoi intégrer la gestion des eaux pluviales dès la conception du projet de maison ?Anticiper la gestion des eaux pluviales en maison individuelle dès les premières esquisses du projet permet de : sécuriser le terrain ; limiter les risques d’inondation ; concevoir un aménagement plus durable ; limiter son empreinte carbone ; limiter les coûts à allouer à cet aspect d’un projet de construction. Une gestion des eaux pluviales mal anticipée peut entraîner des reprises de terrassement, des adaptations de voirie ou des refus de permis. L’imperméabilisation liée à la construction (maison, accès, terrasses, stationnement, etc.) augmente mécaniquement le ruissellement et donc la pollution de l’eau qui se charge en polluants en lessivant les sols. L’eau s’écoule alors plus rapidement vers l’aval, ce qui peut provoquer : des écoulements vers les terrains voisins ; une surcharge des réseaux publics ; un risque accru d’inondation en cas de fortes pluies. Intégrer des dispositifs de gestion et d’évacuation des eaux pluviales dès la conception permet de maîtriser les écoulements sur son propre terrain, de limiter les rejets vers l’extérieur et de respecter plus facilement les prescriptions du PLU ou du zonage pluvial. Ces aménagements présentent également des bénéfices environnementaux et paysagers, car ils contribuent à la biodiversité, participent au rafraîchissement en période estivale et améliorent la qualité du cadre de vie. En outre, ils réduisent l’empreinte carbone de la construction en limitant les terrassements et les surfaces minérales avec des solutions fondées sur la nature. Ainsi, la gestion intégrée des eaux pluviales en maison individuelle s’inscrit plus largement dans la maîtrise des réseaux et des installations d’assainissement du logement. En effet, elle empêche la saturation des réseaux et des stations d’épuration qui vieillissent et dysfonctionnent car leur entretien est complexe et coûteux. Pour aller plus loin, notre article consacré au diagnostic immobilier assainissement non collectif vous permet de mieux comprendre les obligations, les contrôles et les points de vigilance lors d’un projet de construction ou de vente. Cadre réglementaire applicable à la gestion intégrée des eaux pluviales Les normes relatives aux eaux pluviales dans la construction les plus contraignantes sont le plus souvent fixées au niveau local. Contrairement aux eaux usées, le raccordement des eaux pluviales au réseau public n’est pas obligatoire, mais vivement conseillé. Il dépend des prescriptions définies par la commune ou l’intercommunalité à travers : la réglementation PLU/PLUi ; le zonage pluvial ou zonage d’assainissement ; le règlement d’assainissement. Certaines collectivités imposent l’infiltration à la parcelle, limitent les rejets vers le réseau ou fixent des règles de débit de fuite. En outre, les schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) invitent les collectivités à : végétaliser l’espace urbain ; inclure la présence de zones humides ou de cours d’eau ; limiter les ruissellements et les débordements de réseaux (dispositions 4.2.2 et 4.2.3). Par ailleurs, le Code civil encadre les écoulements entre voisins. Un terrain situé en contrebas doit recevoir les eaux qui s’écoulent naturellement du terrain supérieur, mais un propriétaire n’a pas le droit d’aggraver cet écoulement par ses aménagements (drainage, rejet concentré, modification de pente). En ce sens, avant de déposer un permis de construire, il est donc indispensable de vérifier les prescriptions locales relatives aux eaux pluviales. Toutes ces prescriptions sont consultables en mairie ou sur le site de votre collectivité, dans le PLU, le zonage d’assainissement et le règlement d’assainissement. PPRI et gestion des eaux pluviales : deux notions à ne pas confondre Le Plan de Prévention du Risque Inondation (PPRI) et la gestion des eaux pluviales poursuivent des objectifs différents. Le PPRI est un document réglementaire de l’État qui identifie les zones exposées aux risques d’inondation et encadre le droit de construire dans ces secteurs. Il peut imposer des prescriptions spécifiques, voire interdire certains projets. En revanche, la gestion des eaux pluviales concerne le traitement de l’eau de pluie à l’échelle de la parcelle (infiltration, rétention, évaporation). Elle vise à limiter le ruissellement et la surcharge des réseaux. Ainsi, le PPRI traite du risque de crue, alors que la gestion des eaux pluviales organise l’eau de pluie sur le terrain. Solutions techniques intégrées de gestion pluviale pour les projets de constructionLa gestion intégrée des eaux pluviales repose sur quelques principes simples, adaptables à la majorité des terrains pour limiter le ruissellement, favoriser l’infiltration et ralentir les écoulements. Elle s’appuie sur des aménagements paysagers simples et visibles qui remplissent plusieurs fonctions à la fois et stockent l’eau directement sur la parcelle : noues végétalisées ; jardins de pluie ; surfaces perméables ; chaussées réservoir ; toitures (végétalisées) pour eaux pluviales. Ces aménagements contribuent à faciliter l’infiltration surfacique et l’entretien. En outre, ils aident à réduire les pollutions, car plus les ouvrages sont enterrés, plus le contrôle est complexe et plus l’eau et les polluants se concentrent. Ainsi, ces dispositifs sont conçus pour s’intégrer au terrain et à l’environnement existant, sans recourir à des ouvrages purement hydrauliques et enterrés. Cela aura un impact positif sur le cout du projet, avec moins d’investissement et d’entretien. Il est rare de trouver un sujet présentant autant d’avantages que la gestion intégrée des eaux pluviales à la parcelle. En utilisant des solutions surfaciques, diffuses, fondées sur la nature qui permettent d’infiltrer l’eau dans les sols, on restaure le cycle de l’eau, on recharge les nappes, on désature les réseaux, on diminue la pollution des milieux récepteurs, on favorise la biodiversité, on réduit l’empreinte carbone, on améliore le cadre de vie, on adapte efficacement les territoires au changement climatique, et enfin on réduit les coûts d’investissements et de maintenance. On utilise un lieu ou un ouvrage ayant déjà une première fonction pour lui ajouter une fonction hydraulique : espaces verts, toitures, chaussées, parkings, … toutes les opportunités du projet doivent être saisies. — Lucile Berliat Camara, Responsable Environnement & Santé chez QUALITEL Expertise Étapes pour intégrer la gestion des eaux pluviales dans un projetUne bonne gestion des eaux pluviales en maison individuelle se pense dès les premières réflexions sur l’implantation de la maison et l’aménagement du terrain. En effet, ces éléments doivent être intégrés dès l’étude de faisabilité du terrain et avant le dépôt du permis de construire. Concrètement, un projet efficace repose sur quatre grandes étapes : Analyser les caractéristiques du terrain (nature du sol, pente, pluviométrie, contraintes réglementaires) ; Choisir des solutions adaptées à la parcelle (surfaces perméables, dispositifs d’infiltration ou de rétention, aménagements végétalisés) ; Intégrer ces dispositifs dès la conception des plans et des terrassements ; Assurer le suivi des aménagements lors des travaux et dans le temps. Cette approche globale permet de sécuriser le projet, de respecter les règles locales et de concevoir un aménagement cohérent avec le fonctionnement naturel de l’eau. À noter que le choix et le dimensionnement des dispositifs de gestion intégrée des eaux pluviales en phase construction dépend toujours de la perméabilité du sol et des contraintes locales. Le Profil « Gestion Intégrée des Eaux Pluviales (GIEP) » associé à la certification NF Habitat - NF Habitat HQELe Profil « Gestion Intégrée des Eaux Pluviales (GIEP) » offre un cadre de référence pour des projets de construction plus résilients. Pour Qualitel et CERQUAL, la gestion intégrée des eaux pluviales constitue aujourd’hui un levier essentiel de qualité de l’habitat face aux effets du changement climatique et à l’artificialisation des sols. Le profil « Gestion Intégrée des Eaux Pluviales – GIEP », associé à la certification NF Habitat – NF Habitat HQE, vise à promouvoir une conception plus responsable des projets de construction et de rénovation, fondée sur : la gestion des eaux pluviales à la source ; l’infiltration et l’évaporation de l’eau directement sur site ; le recours prioritaire à des solutions fondées sur la nature ; des ouvrages plurifonctionnels intégrés aux espaces extérieurs. Cette approche permet de : limiter le ruissellement et les risques d’inondation ; préserver les sols et les milieux naturels ; réduire les pollutions liées aux eaux de ruissellement ; optimiser les coûts de construction et de maintenance sur le cycle de vie du projet. En construction neuve, le profil GIEP prévoit notamment une gestion des pluies exceptionnelles par infiltration à la parcelle, sans recours à des ouvrages purement hydrauliques et enterrés. En rénovation, il encourage la déconnexion des eaux pluviales des réseaux existants lorsque cela est possible. À travers ce cadre de référence, QUALITEL promeut une approche globale, anticipée et cohérente avec le cycle naturel de l’eau, au bénéfice de la qualité de vie des habitants et du fonctionnement des territoires. Ainsi, la gestion intégrée des eaux pluviales permet de concevoir des projets de construction plus durables, plus résilients et mieux adaptés aux évolutions climatiques, tout en respectant les règles locales d’urbanisme. En gérant l’eau directement sur la parcelle grâce à des solutions simples et fondées sur la nature, vous sécurisez votre terrain, protégez votre environnement et valorisez la qualité de votre aménagement. FAQ Gestion des eaux pluviales : nos réponses à vos questions Quelle est l’obligation des particuliers en matière de raccordement aux eaux pluviales ? Contrairement aux eaux usées, le raccordement des eaux pluviales au réseau public n’est pas obligatoire. Il dépend des règles locales fixées par la commune ou l’intercommunalité (PLU, zonage pluvial, règlement d’assainissement). Certaines collectivités imposent l’infiltration à la parcelle ou limitent les rejets vers le réseau. Toutefois, elles n’imposent aucune technique en particulier pour y parvenir. Le propriétaire est donc libre de son choix. Qui est responsable de l'écoulement des eaux pluviales ? Le propriétaire est responsable de la gestion des eaux pluviales sur sa parcelle. Il doit veiller à ce que ses aménagements n’aggravent pas l’écoulement naturel vers les terrains voisins ou la voie publique. Le Code civil impose de respecter la servitude naturelle d’écoulement, tout en interdisant toute modification qui augmenterait le ruissellement ou concentrerait les rejets chez autrui. Comment les chaussées réservoir, les surfaces drainantes et les espaces verts contribuent-ils à une meilleure gestion des eaux pluviales ? Les chaussées réservoir, les surfaces drainantes et les espaces verts perméables permettent à l’eau de pluie de s’infiltrer directement dans le sol ou d’être stockée temporairement, plutôt que de ruisseler vers les réseaux. Ces aménagements : participent à la désimperméabilisation des sols ; limitent les écoulements rapides ; contribuent à réduire les risques d’inondation. Ils s’intègrent dans une démarche de gestion intégrée des eaux pluviales, à condition d’être adaptés à la nature du terrain et aux prescriptions locales. Puis-je récupérer et stocker l’eau de pluie pour m’en servir chez moi ? Oui, la récupération de l’eau de pluie est autorisée pour certains usages : arrosage ; nettoyage extérieur ; alimentation des toilettes ou du lave-linge, sous conditions. L’eau de pluie n’est en revanche pas potable. L’installation doit respecter des règles sanitaires précises et faire l’objet d’une déclaration en mairie. Pour plus de précisions, consultez le décret n° 2023-835 du 29 aout 2023 relatif aux usages et aux conditions d’utilisation des eaux de pluie et des eaux usées traitées. Où doivent s'écouler les eaux pluviales d'une maison ? Les eaux pluviales d’une maison doivent en priorité être gérées sur la parcelle, par infiltration, rétention ou évaporation, conformément aux prescriptions locales. Selon les communes, elles peuvent être infiltrées dans le sol, stockées temporairement ou raccordées à un réseau pluvial lorsqu’il existe. Les règles applicables sont définies dans le PLU, le zonage d’assainissement et le règlement d’assainissement de la collectivité. Un puisard est-il obligatoire ? Non, l’installation d’un puisard n’est pas obligatoire en soi. En revanche, certaines communes imposent un dispositif d’infiltration ou de rétention des eaux pluviales sur la parcelle. Le choix de la solution ou des solutions dépend de la perméabilité du sol, de la surface imperméabilisée, de l’usage et des règles locales. Néanmoins, le puisard n’est pas une solution plurifonctionnelle, car il ne sert qu’à enterrer l’eau. Combien coûte l’installation d’un puisard ? Le coût d’un puisard dépend de nombreux paramètres : nature du sol ; profondeur ; volume à gérer ; accès au terrain ; contraintes de terrassement. Il n’existe pas de tarif de référence national. Seul un professionnel peut établir un devis après étude du terrain et des prescriptions locales. PARTAGER Recevez nos conseils de saison Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque mois la sélection des conseils de saison Email for non-humansVotre adresse email *Inscrtiption newsletter Envoyer En cochant cette case, j'accepte de recevoir vos emails et confirme avoir pris connaissance des conditions générales d'utilisation. 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