L’isolation phonique d’un mur mitoyen

Murs qui laissent passer tous les bruits des voisins, chahut des enfants, répétitions musicales et autres nuisances sonores : que vous soyez en appartement ou en maison mitoyenne, vous connaissez la gêne occasionnée par la mauvaise isolation phonique d’un mur mitoyen. Afin de limiter les désagréments et de gagner en confort acoustique, nos experts vous donnent les clés pour réussir une bonne isolation phonique des murs mitoyens avec vos voisins ou des murs intérieurs en contact avec une pièce bruyante.

Au sommaire :
L’isolation phonique d’un mur mitoyen

Pourquoi isoler phoniquement un mur ?

L’isolation pour réduire les nuisances sonores entre voisins

Selon le Baromètre QUALITEL, le bruit est l’une des principales sources de nuisances pour les habitants de logements collectifs. Cela s’explique en partie par une qualité acoustique des constructions anciennes qui n’est généralement pas suffisante pour permettre une bonne cohabitation, en particulier pour les bâtiments construits entre 1900 et 1970. Des travaux d’isolation en rénovation sont souvent nécessaires pour réduire les nuisances dans ces bâtiments.

Dans les bâtiments construits après 1970, l’isolation phonique est prévue dès la construction. La première réglementation acoustique a effectivement été mise en place en 1970 et renforcée en 1996. Cependant, ces réglementations n’étaient pas toujours respectées, ce qui a conduit en 2013 à imposer aux maîtres d’ouvrage de réaliser des mesures acoustiques systématiques à la réception des ouvrages et de fournir une attestation acoustique de prise en compte de la réglementation en vigueur.

Les personnes vivant en appartement ne sont pas les seules à subir les nuisances sonores de leurs voisins : 30 % des Français, dont 23 % des habitants en maison, reconnaissent avoir déjà connu des tensions avec leurs voisins pour des problèmes liés au bruit.

Le manque d’isolation acoustique est d’ailleurs le deuxième plus fort sujet d’insatisfaction des Français en matière de qualité de leur logement. Cependant, le fait de partager des murs mitoyens avec ses voisins accentue le problème puisque les bruits se diffusent encore plus facilement à travers des structures communes.

L’isolation pour limiter les différents bruits perçus dans un logement

Il existe différents types de bruits dans un logement, selon leur provenance :

  • les bruits aériens intérieurs issus des conversations, des cris, des pleurs, de la musique, de la télévision, etc. ;
  • les bruits aériens extérieurs, qui regroupent les nuisances des transports, l’animation dans la rue, les voix, etc. ;
  • les bruits d’impact ou de choc sur le sol (pas, objets qui tombent, meubles déplacés, etc.) ;
  • les bruits des équipements (chauffage, VMC, machine à laver, ascenseur, etc.) ;
  • les bruits des parties communes qui se réverbèrent (pas, voix, portes, etc.).

Les bruits aériens se propagent par l’air avant de faire vibrer les parois du logement qui, à leur tour, transmettent les vibrations à l’air du logement mitoyen. Pour les bruits solidiens, qui regroupent les bruits d’impact ou de choc et les bruits des équipements, le fonctionnement est différent : la paroi soumise à un choc entre en vibration et fait ensuite vibrer l’air des locaux voisins.

Mais alors, quels sont les bruits qui passent par les murs mitoyens ?

Les bruits aériens intérieurs produits chez vos voisins se propagent par vibration dans l’air mais aussi par les parois (planchers, murs, cloisons). Les bruits de choc et les bruits d’équipements peuvent aussi se diffuser dans les parois verticales.

 

L’isolation des murs s’avère donc un point d’attention essentiel pour gagner en confort acoustique. D’autant plus si une isolation par l’extérieur avec rénovation de la façade et pose d’isolant thermo-acoustique a été entreprise. En effet, en améliorant l’isolation vis-à-vis des bruits extérieurs comme le trafic routier, les nuisances sonores issues de l’intérieur du bâtiment et des voisins se ressentent plus qu’avant.

L’acoustique est une science complexe : il ne suffit pas d’isoler le mur mitoyen pour bloquer tous les sons provenant de votre voisinage. Généralement, l’isolation des murs qui vous séparent de vos voisins ne constitue qu’une des facettes de l’isolation acoustique.

Il faut garder en tête que le bruit se propage de différentes façons et par différents supports et que la propagation des ondes sonores dans un mur peut avoir lieu en transmission directe ou latérale. Le bruit peut ainsi passer par la façade si elle est légère, par le plafond si on est au dernier étage ou encore par le plancher quand il s’agit de bruits d’impact. Pour avoir une bonne isolation phonique chez vous, il faut traiter tous les points d’entrée du bruit par des méthodes d’isolation adaptées, parmi lesquelles l’isolation des murs mitoyens, l’isolation du sol ou l’isolation du plafond.

Pour connaître le cheminement du bruit qui vous dérange au quotidien, il est conseillé de vous tourner vers un acousticien qui saura diagnostiquer votre logement et vous proposer les solutions techniques adéquates pour réussir votre isolation phonique en fonction des objectifs visés et des contraintes du projet.

Comment faire une isolation acoustique de mur mitoyen ?

L’isolation par doublage sur ossature

La technique la plus courante et la plus performante pour isoler un mur mitoyen ou un mur intérieur consiste à réaliser une contre-cloison constituée d’une ossature métallique fixée au sol et au plafond, dans laquelle on peut placer un absorbant acoustique (isolant thermo-acoustique fibreux) tel qu’une laine minérale de 45 mm minimum. Un parement en plâtre de type BA13 est ensuite fixé sur l’ossature pour assurer l’isolation acoustique. C’est d’ailleurs surtout cette plaque qui isole du bruit, plus que le matériau à l’intérieur de la contre-cloison.

Cette méthode de doublage sur ossature est très efficace pour l’isolation d’un logement mitoyen car la paroi intérieure est ainsi désolidarisée du mur mitoyen grâce à un vide d’un centimètre entre les montants et le mur, réduisant donc la transmission des ondes sonores. Pour une isolation réussie et sans fuite, il faut accorder un grand soin à l’étanchéité entre les plaques et au pourtour de la cloison.

Les avantages du doublage sur ossature ? L’isolement aux bruits aériens est amélioré de 5 à 10 dB et l’isolation thermique est également renforcée. L’efficacité de ce traitement est d’autant plus importante que le mur est mauvais en acoustique (paroi maçonnée de faible épaisseur, par exemple en briques, mâchefer, etc.). De plus, vous pouvez facilement passer les câbles et gaines derrière la contre-cloison, ce qui permet d’obtenir un rendu plus esthétique sur vos murs. Enfin, cette technique d’isolation est possible sur tous les types de murs, même ceux non plans ou irréguliers.

Attention, malgré une performance élevée pour une faible épaisseur, ce doublage des murs séparatifs mesure environ 7 cm, ce qui empiète nécessairement sur la surface habitable de la pièce.

Si votre voisinage est particulièrement bruyant, le doublage sous ossature peut être renforcé :

  • en augmentant la taille de la lame d’air entre le mur et la contre-cloison ;
  • en ajoutant des plaques de plâtre supplémentaires (3 au maximum) ;
  • en choisissant des plaques plus lourdes comme des plaques « acoustiques » (mais l’amélioration sera plus faible que les deux points précédents).

Pour une efficacité optimale de votre isolation acoustique, il se peut qu’il soit également nécessaire d’isoler les parois latérales appuyées sur le mur mitoyen.

L’isolation par doublage collé

L’autre technique régulièrement utilisée pour isoler phoniquement les murs, mitoyens ou non, consiste à coller un doublage acoustique directement sur le mur support au moyen de plots de colle. Il s’agit de panneaux 2 en 1 constitués d’un isolant en laine minérale ou en polystyrène élastifié, collés en usine sur une plaque de plâtre.

Ces doublages collés, sont réservés aux murs plans et en bon état comme ils se collent à même le mur à isoler. Dans le cas contraire, une reprise du mur support peut être nécessaire pour préserver l’efficacité isolante du dispositif.

La technique par doublage collé étant moins performante que l’isolation sous ossature, il faut privilégier une épaisseur de doublage d’au moins 10 cm d’épaisseur (soit 8 cm d’isolant) pour obtenir une réduction notable des nuisances sonores. La surface habitable est donc réduite en conséquence.

En revanche, cette méthode d’isolation est plus simple et rapide à mettre en œuvre et elle évite le tassement dans le temps de l’absorbant acoustique placé dans les contre-cloisons, même si elle ne permet pas l’intégration de réseaux. Cette technique est surtout utilisée dans la construction neuve et peu en rénovation.

L’isolation avec peinture anti-bruit

Certaines marques proposent de la peinture conçue pour réduire la propagation des sons. Est-ce que ces peintures dites insonorisantes, anti-bruit ou acoustiques fonctionnent vraiment ? Pleine de promesses, la peinture acoustique a pourtant une action quasi nulle sur l’isolation acoustique.

Rapide et gain de place, la pose de peinture phonique ne remplacera donc jamais les bénéfices d’une véritable isolation acoustique des murs réalisée par doublage sur ossature ou doublage collé.

Quel isolant choisir pour les murs ?

Isolant minéral, isolant naturel ou organique : vous avez plusieurs options d’isolants pour isoler les murs mitoyens de votre logement. Choisissez-le en fonction de ses performances isolantes et du type d’isolation entrepris (doublage sur ossature ou doublage collé).

Dans le cas de doublages sur ossature, l’isolant doit être poreux : il faut qu’il laisse passer l’air mais avec une certaine résistance pour atténuer les ondes sonores.

Dans le cas de doublages collés, il doit être souple, par exemple en laine minérale ou en polystyrène élastifié, et non rigide comme le polystyrène standard et le polyuréthane.

Les laines minérales

Laine de verre et laine de roche peuvent être utilisées pour isoler des murs d’un point de vue acoustique. Ces laines minérales incombustibles détiennent également de bonnes performances thermiques, ce qui les rend très complètes pour un prix raisonnable. La laine de verre et la laine de roche peuvent être utilisées comme isolant phonique en doublage sur ossature et en doublage collé.

Les isolants biosourcés

Les laines d’origine végétale ou animale de type laine de chanvre, fibres de bois, laine de mouton ou ouate de cellulose présentent des caractéristiques isolantes similaires aux laines minérales mais à un prix généralement supérieur. Ces isolants biosourcés et écologiques peuvent donc être mis en œuvre en remplissage de contre-cloison pour l’isolation phonique d’un mur, lorsqu’ils sont suffisamment poreux mais avec une résistance suffisante pour atténuer les bruits.

Le polystyrène élastifié

Grâce à un procédé d’élastification qui le rend plus souple que le polystyrène classique, le PSEE ou polystyrène élastifié est un matériau couramment utilisé dans les panneaux acoustiques destinés à la méthode d’isolation par doublage collé. Attention, le PSE non élastifié est à éviter absolument car il a tendance à dégrader l’isolation acoustique d’un mur.

Comment bien choisir les isolants thermiques de votre logement ?

Équipements & Matériaux

« Plus c’est lourd, plus ça isole »

En dehors du matériau utilisé pour l’isolation acoustique, la masse du mur joue un rôle important car plus un matériau est lourd, plus il détient de bonnes performances isolantes. Cela signifie qu’un mur en béton banché isole mieux qu’un mur en brique creuse.

Quel coût pour l’isolation acoustique d’un mur ?

Selon une étude de l’UNTEC (Union nationale des économistes de la construction) d’octobre 2017 pour l’Association QUALITEL reprise dans le guide de rénovation acoustique, l’isolation acoustique d’un mur avec ossature métallique, plaque de plâtre BA13 et laine minérale de 45 mm coûte en moyenne 45 € HT par m². Ce prix moyen concerne uniquement les travaux d’isolation, indépendamment d’autres prestations (étude acoustique, désamiantage ou déplombage éventuel, intégration des réseaux électriques, peinture…) pour un appartement de 70 m² minimum et d’accès facile.

Pour une contre-cloison plus épaisse avec 100 mm de laine minérale (laine de verre ou laine de roche) sous une plaque de BA13, il faut compter environ 55 € HT par m².

L’ADEME a également effectué une étude des opérations de rénovation en 2018 afin de fournir des fourchettes de prix pour la réalisation de l’isolation thermique par l’intérieur, qui peut également jouer le rôle d’isolation acoustique si l’isolant utilisé a des propriétés thermo-acoustiques. Sur les 102 chantiers pris en compte, le prix au m² pour l’isolation des murs par l’intérieur est compris entre 18 € HT et 112 € HT (matériel et main d’œuvre compris), avec une moyenne à 55 € HT le m².

Ces fourchettes de prix sont indicatives car le budget à prévoir pour l’isolation de votre mur mitoyen dépend des critères de votre projet de rénovation :

  • La surface à isoler en m².
  • La méthode d’isolation choisie, le doublage collé étant une méthode moins onéreuse que l’isolation avec ossature métallique.
  • L’isolant utilisé : les laines minérales et produits issus de la pétrochimie sont généralement moins chers à l’achat que les isolants biosourcés.
  • La main d’œuvre : les tarifs peuvent être très variables d’une entreprise à l’autre et même d’une région à l’autre (en Ile-de-France, les coûts s’avèrent sensiblement plus élevés, jusqu’à 20 % par rapport au reste de la France). N’hésitez pas à demander plusieurs devis et à faire jouer la concurrence.

Les aides pour isoler un mur

Les travaux d’isolation acoustique d’un mur mitoyen ne bénéficient pas d’aides spécifiques. Cependant, il existe des aides financières pour isoler les murs thermiquement, en sachant que les isolants utilisés et les techniques d’isolation peuvent être les mêmes pour une isolation phonique d’un mur et pour une isolation thermique des murs par l’intérieur (ITI) :

  • Le taux de TVA réduit à 5,5 % sur les produits et la main d’œuvre (au lieu de 20 %) si les travaux d’isolation répondent aux critères fixés par l’État et sont réalisés dans un logement construit depuis plus de 2 ans.
  • MaPrimeRénov’, l’aide de l’État pour les travaux d’économie d’énergie à destination des propriétaires. Les travaux doivent être réalisés par une entreprise RGE (Reconnue Garante de l’Environnement).
  • L’éco-prêt à taux zéro, un prêt compris entre 7 000 € et 30 000 € selon la nature des travaux de rénovation énergétique. Pour en bénéficier, le logement doit avoir plus de 2 ans et vous devez faire isoler au moins la moitié des murs périphériques du logement par une entreprise RGE.

Les aides pour les travaux d’insonorisation à proximité d’un aéroport

Si vous vivez à côté de l’un des 9 principaux aéroports de France (Bâle-Mulhouse, Bordeaux-Mérignac, Lyon-Saint-Exupéry, Marseille-Provence, Nantes-Atlantique, Nice-Côte d’Azur, Paris Charles-de-Gaulle, Paris-Orly, Toulouse-Blagnac), vous pouvez prétendre à une aide financière à l’insonorisation par l’exploitant des aéroports.

Cette aide permet de financer l’étude acoustique de votre logement et la réalisation des travaux d’isolation, qui peuvent inclure l’isolation des murs. Elle est toutefois octroyée dans la limite de certains plafonds selon si vous vivez en appartement ou en maison.

Choisir un professionnel de l’isolation phonique

Le choix de l’acousticien

Avant d’entamer des travaux d’isolation phonique, la phase de diagnostic acoustique est indispensable et il est fortement conseillé de vous tourner vers un acousticien afin d’assurer l’efficacité de votre rénovation. L’acoustique étant une discipline très technique, sans l’expertise d’un professionnel du sujet, vous risquez effectivement d’entreprendre des travaux inutiles.

Pour vous aider à choisir un acousticien ou un bureau d’études acoustiques près de chez vous, vous pouvez vous tourner vers le CidB qui dispose d’un annuaire de professionnels habilités à réaliser des diagnostics et études acoustiques.

Le choix de l’artisan

Pour réaliser vos travaux d’isolation acoustique, vous pouvez vous tourner vers un plâtrier-plaquiste, expert de la pose de cloisons et d’isolants, ou vers un artisan spécialisé dans l’isolation acoustique. Pour vous aider à choisir en toute confiance, sachez que les entreprises et artisans peuvent obtenir des qualifications QUALIBAT, gages de leur savoir-faire et de leurs compétences dans ces domaines :

  • Qualification 4132 – Plaques de plâtre (technicité confirmée)
  • Qualification 4133 – Plaques de plâtre (technicité supérieure)
  • Qualification 7212 – Isolation et traitement acoustique (technicité confirmée)
  • Qualification 7213 – Isolation et traitement acoustique (technicité supérieure)

Quel que soit votre choix, privilégiez un professionnel certifié RGE, gage de qualité et condition indispensable pour accéder à certaines aides financières pour la rénovation énergétique.

Découvrez d'autres guides pour vous aider dans la rénovation acoustique de votre logement

Pour aller plus loin

Travaux

Guides et fiches pratiques

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  • De quelles aides pouvez-vous bénéficier ?
  • Quels matériaux et équipements choisir ?
  • Comment trouver des professionnels de confiance ?
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  • Que regarder lors d’une visite ?
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