Tout savoir sur l’isolation
Au sommaire :
Comment bien isoler les sols de votre maison ou appartement ?

Comment bien isoler les sols de votre maison ou appartement ?

Selon l’ADEME, des sols mal isolés peuvent provoquer jusqu’à 16% de perte de chaleur. Mais ce n’est pas qu’une question de température. En isolant votre sol, vous pouvez également gagner en confort acoustique, en limitant la propagation des bruits d’un étage à l’autre.

Quels sont les secrets d’une isolation du sol réussie ? Le premier, c’est de bien préparer votre projet et notre article est là pour vous y aider. Le second, c’est de faire appel à un professionnel de confiance, qui saura vous guider. Pour le choisir, consultez nos fiches métiers.

Qu’est-ce que l’isolation thermique et phonique du sol ?

Quand on parle d’isolation, on fait référence à l’isolation thermique ou à l’isolation phonique.

  • L’isolation thermique a pour but de limiter les transferts de chaleur  : votre logement conserve mieux la chaleur l’hiver et la fraîcheur l’été. Et cela se voit sur vos factures d’énergie !
  • L’isolation phonique, ou isolation acoustique, a pour objectif de diminuer la propagation du son. Dans le cas des sols, c’est intéressant si votre logement dispose de plusieurs étages, ou si vous vivez en copropriété et souhaitez réduire les nuisances sonores – et particulièrement les bruits d’impact – émis à partir de votre appartement.

Voisin bruyant : que faire ?

Conseils au quotidien

Sachez que l’isolation thermique et l’isolation phonique ne sont pas incompatibles : il est tout à fait possible de choisir des techniques et des matériaux qui vous permettront de créer une barrière thermique et acoustique.

Quel type de sol devez-vous isoler ?

En matière d’isolation des sols, différentes techniques existent. Pour choisir celle qui correspond le mieux à vos besoins, vous devez commencer par regarder le type de sol que vous souhaitez isoler. En général, on cherchera à isoler thermiquement les planchers bas des habitations, et d’un point de vue acoustique les planchers d’étages entre logements.

Isolation d’un sol en plancher d’étage : pour l’acoustique

Un sol en plancher d’étage est un sol qui, comme l’indique son nom, est situé sur un étage, et donc pas directement sur la terre, un vide sanitaire ou un local non chauffé.

Cela veut dire que, dans ce cas, la problématique d’isolation est surtout liée à l’acoustique. Il s’agira donc souvent d’isoler phoniquement pour réduire les bruits perçus entre les étages.

Tout savoir sur l’isolation phonique

Guide de rénovation

Les différentes techniques d’isolation du sol par le dessus

Plusieurs options sont envisageables pour isoler votre sol afin d’améliorer votre confort acoustique.

Poser un sol souple, une moquette ou des tapis

Pour que cette solution atténue bien le bruit, notamment les chocs aigus comme les talons ou les billes, le revêtement de sol doit être souple et posséder un indice d’efficacité́ ∆Lw élevé. Vous pouvez faire installer par un solier-moquettiste  :

  • des moquettes un peu épaisses,
  • des revêtements en dalles,
  • des revêtements en lés de vinyle sur sous-couche en mousse,
  • des moquettes en coco, etc.

Pensez à vérifier que ces revêtements ont des sous-couches acoustiques et une amélioration ∆Lw d’au moins 19 décibels.

Qu’est-ce que l’indice ∆Lw ?

L’indice d’efficacité ∆Lw, exprimé en dB, mesure la performance acoustique aux bruits d’impact d’un revêtement de sol. Plus il est élevé, plus le revêtement est isolant.

Une alternative plus localisée et qui n’implique pas de travaux consiste à disposer sur votre sol un ou plusieurs tapis. Selon leur épaisseur, ils peuvent jouer le même rôle qu’une moquette.

Poser une chape sèche

Cette solution d’isolation, constituée de plaques de plâtre à haute dureté et de laine minérale, est particulièrement adaptée aux planchers anciens.

Pour corriger les défauts du support et n’avoir aucun problème de planéité, le mieux est d’installer votre chape sèche sur une couche de granulats légers. À la différence d’une chape en mortier, votre plancher est ainsi « augmenté », sans ajouter trop de poids.

Désolidariser le parquet

Vous avez un parquet traditionnel sur lambourdes ? La technique de désolidarisation du parquet est intéressante pour gagner en isolation acoustique. Toutefois, prenez bien en compte que, pour sa mise en œuvre, il faut déposer complètement votre parquet ainsi que les lambourdes. Cela signifie retirer les lames de parquet et les éléments sur lesquels elles sont fixées.

Ensuite, le parqueteur interpose entre les lambourdes et les solives (éléments sur lesquels sont posées les lambourdes) des plots résilients en caoutchouc, élastomère, mousse polyuréthane, etc. L’objectif ? Atténuer les bruits d’impacts.

Lors de la pose, contrôlez que les lambourdes et le parquet ne sont pas en contact avec les murs, pour éviter la transmission des bruits de chocs. Quant à la plinthe, elle doit être fixée uniquement au mur, sans contact avec le parquet. Un joint souple doit aussi être posé.

Vous devez garder en tête que cette solution augmente l’épaisseur de votre plancher d’1 cm environ. Prévoyez également de faire recouper vos portes afin de garder une bonne circulation de l’air en dessous.

Poser une chape acoustique

Cette technique d’isolation consiste à poser sur le sol un résilient acoustique, souvent en laine minérale ou encore en fibres de verre ou polyester liées à un matériau bitumineux. Ce résilient est ensuite recouvert par une chape (une couche de matériaux, de type mortier), destinée à recevoir le revêtement final.

Pour que la réduction du bruit soit effective, la chape acoustique est désolidarisée des éléments qui l’entourent (murs et cloisons, canalisations…), grâce à la pose de joints en mousse.

Il s’agit néanmoins d’une solution lourde à mettre en place, qui nécessite de vérifier que les charges peuvent être reprises par la structure du bâtiment. La pose d’une chape acoustique implique également un rehaussement qui a un impact sur les portes et les canalisations existantes.

À noter

Pour améliorer l’isolation acoustique, pensez aussi à isoler par le « dessous » votre plafond suspendu avec de la laine minérale. Cette technique peut réduire les bruits aériens. Pour en savoir plus sur l’isolation des plafonds, consultez notre fiche pratique.

Isolation d’un sol en plancher bas : pour l’isolation thermique

On appelle généralement sol en plancher bas, la partie du sol la plus basse d’une habitation, et qui sépare un espace chauffé d’un espace non chauffé ou un espace chauffé donnant sur terre-plein. Le plus souvent, il s’agit d’un rez-de-chaussée. Cela peut-être aussi une chambre au-dessus d’un garage.

La technique d’isolation à privilégier dépend de ce qui se trouve sous ce sol en plancher bas : la terre (sur terre-plein), un vide sanitaire ou une pièce non chauffée, comme une cave ou un garage.

Le sol en plancher bas est construit directement sur terre-plein

  • Votre maison va être totalement rénovée ou agrandie ?

Vous pouvez envisager une chape flottante sur terre-plein. Celle-ci consiste à recouvrir le terre-plein d’un isolant, avant d’y positionner un treillis sur lequel on coule une dalle. Cette solution permet notamment d’éviter les ponts thermiques, ces zones où la barrière isolante est rompue.

Plusieurs mises en œuvre sont possibles. L’isolation sur terre-plein peut être posée :

  • Soit sous toute la surface de la dalle. C’est l’isolation toute surface.
  • Soit en périphérie, c’est-à-dire une isolation verticale ou horizontale sous dalle. Mais elle est moins performante que celle toute surface.
  • Soit de manière désolidarisée. L’isolant est placé sur la dalle de béton avant la chape flottante et le revêtement en carrelage par exemple. Cette solution de chape flottante avec un isolant est la plus performante thermiquement. Elle présente naturellement une certaine efficacité acoustique, quel que soit l’isolant thermique choisi, ce qui permet de gagner en confort par rapport aux éventuelles chambres voisines.

 

  • La dalle de l’extension ou de votre maison a déjà été coulée ?

Vous pouvez recourir à différentes techniques d’isolation. Nous vous en décrivons plusieurs ci-dessous : la chape flottante thermique, le plancher hourdis à entrevous isolant et l’isolation en sous-face.

Le sol en plancher bas surplombe un vide sanitaire

L’intérêt premier d’un vide sanitaire est d’éviter les remontées d’humidité. Vous ne devez surtout pas l’obstruer et il doit toujours être ventilé. En revanche, le vide-sanitaire n’est pas toujours accessible.

Si votre vide sanitaire est accessible, plutôt que d’isoler vos sols, nous vous conseillons d’isoler en sous-face le plafond du vide sanitaire. Deux techniques d’isolation sont possibles selon la hauteur disponible au niveau du vide sanitaire et l’accessibilité au vide sanitaire :

  • soit l’isolant est mis en sous-face, c’est-à-dire contre le plafond du vide sanitaire, via un accrochage mécanique ;
  • soit le professionnel vient floquer de la laine projetée en sous-face. Cette solution est pratique si l’espace pour travailler est réduit.

Si votre vide sanitaire n’est pas accessible, l’isolation se fera alors sur le sol, juste au-dessus de la dalle béton en ajoutant un isolant, une chape et un revêtement (voir le paragraphe ci-dessous dédié à la chape flottante thermique).

Êtes-vous concerné par le risque radon ?

Ce gaz toxique inodore et incolore se niche parfois dans les sous-sols et les vides sanitaires, particulièrement dans certaines régions comme le Massif armoricain, le Massif central, la Corse ou encore les Vosges. Nous vous en disons plus ici : comment détecter du radon dans votre maison ou votre immeuble ?

Le sol en plancher bas est au-dessus d’une cave ou d’un garage

Si le sol de votre pièce chauffée est situé au-dessus d’un local non chauffé comme une cave ou un garage, pour que vos travaux soient efficaces vous devez également isoler le plancher de la pièce concernée, en effectuant une isolation en sous-face du plafond de la cave ou du garage. Le plus souvent, il s’agit d’y coller ou d’y visser des panneaux isolants, en polystyrène, par exemple.

Les techniques d’isolation du sol en plancher bas

La chape flottante thermique

Une chape est une couche de mortier (ou parfois d’autres matériaux : bois, aggloméré, ciment, résine…) appliquée au sol et destinée à recevoir le revêtement final : carrelage, sol souple, parquet… Elle ne doit pas être confondue avec la dalle, un élément structurel qui permet de fixer les fondations d’un bâtiment.

La chape est dite flottante et thermique quand elle est posée sur un matériau isolant recouvrant toute la surface au sol avec traitement du pont thermique au niveau de la dalle en périphérie. La chape flottante thermique est d’ailleurs indispensable dans le cadre de la pose d’un plancher chauffant. C’est aussi une des meilleures solutions isolantes en plancher bas.

La pose d’une chape flottante thermique est un chantier complexe, qui requiert l’intervention d’un professionnel de confiance. Celui-ci pourra notamment vous conseiller sur le revêtement de sol compatible avec le plancher chauffant, sur le type d’isolant à choisir ou encore sur le type de chape : mortier classique, chape liquide, chape allégée, chape sèche…

Le plancher hourdis à entrevous isolant

Si vous réalisez une rénovation totale de votre maison ou si vous créez une extension, vérifiez avec le professionnel la bonne isolation des éléments de la structure. Une des solutions est le plancher hourdis (ou entrevous) isolant.

Cette solution consiste à poser des éléments de coffrage isolants, appelés des hourdis isolants en polystyrène expansé, sur toute la surface du plancher bas entre les poutrelles en béton. Ces entrevous isolants viennent également traiter et recouvrir la partie en dessous des poutrelles en béton, c’est-à-dire le côté du volume non-chauffé. Ensuite, une chape est coulée sur ce plancher isolant. Puis, le revêtement de sol intérieur de votre choix peut être installé.

Quel isolant choisir ?

Laines minérales ou végétales, polystyrènes, isolants minces… Il existe de très nombreux types d’isolants, avec chacun des propriétés spécifiques. Nous vous proposons un article entièrement dédié aux isolants thermiques.

Dans le cas de l’isolation des sols, le polystyrène ou le polyuréthane sont très souvent recommandés. Mais, pour trouver l’isolant qui correspond le mieux à votre projet et à vos attentes, nous vous conseillons de vous fier à l’avis du professionnel que vous avez choisi.

L’isolation en sous-face

Cette technique est principalement utilisée pour les planchers bas donnant sur des locaux non chauffés comme les garages, les vides sanitaires accessibles, ou sur l’extérieur. Elle participe à la réduction des consommations d’énergie de votre logement.

Plusieurs techniques existent. Le professionnel qui vous accompagne pourra vous conseiller sur laquelle choisir (projection ou élément isolant rapporté). Pour vous aider, voici quelques indications :

  • La projection de laine minérale : la mousse ou la laine de roche est projetée en sous-face du plafond de la pièce non chauffée.
  • La fixation d’un élément isolant : les panneaux rapportés sont fixés mécaniquement en sous-face du plafond. Ils peuvent être en laine minérale ou en polystyrène.

Attention, il faut noter que la mise en œuvre d’un isolant en sous-face d’un plancher va diminuer l’isolation acoustique entre les pièces ! Pour éviter ce phénomène, il faudra choisir des produits spécifiques qui ne dégradent pas l’isolation acoustique en désolidarisant l’isolant du plancher, par exemple :

  • Pour les projections de laine minérale, elles doivent être projetées sur un treillis métallique muni d’un kraft, qui empêchera l’isolant d’être en contact avec la dalle.
  • Pour les panneaux rapportés, des chevilles ponctuelles doivent être choisies et leur nombre doit être limité selon les spécifications de fabricant.

Quel est le prix d’un projet d’isolation du sol ?

Le tarif d’un projet d’isolation des sols varie en fonction de plusieurs critères.

  • Déjà, la méthode choisie : chape flottante thermique ? Hourdis entrevous isolant ? Chape flottante acoustique ?
  • Ensuite, les matériaux, et notamment le type d’isolant.

Pour vous donner une idée, en 2010, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) a publié un guide qui estime le prix de travaux d’isolation thermique des sols entre 2 000 et 5 000 €.

C’est un coût important, mais notez bien que ce type de travaux vous permettra de réduire vos factures énergétiques sur le long terme. En effet : un logement mieux isolé, c’est un logement dans lequel les pertes de chaleur, ou de fraîcheur, sont limitées. Vous gagnerez également en confort et en qualité de vie.

6 conseils pour réduire vos factures d’énergie

Conseils au quotidien

De quelles aides financières pouvez-vous bénéficier ?

Un projet d’isolation des sols peut vous ouvrir le droit à différentes aides. Voici les principales :

  • MaPrimeRénov : cette prime existe depuis janvier 2020 pour les propriétaires les plus modestes effectuant des travaux d’amélioration de l’efficacité énergétique de leur logement. Elle a été élargie à tous les propriétaires et à toutes les copropriétés en 2021. 
  • Prime énergie  : pour en bénéficier, l’isolation doit être réalisée par un professionnel reconnu garant de l’environnement (RGE).
  • Aides de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) :  cet organisme peut vous aider à financer vos travaux, en fonction de votre niveau de revenu.
  • Éco prêt à taux zéro (ou éco PTZ)  : accordé sous conditions par l’État.

N’hésitez pas également à interroger le professionnel qui vous accompagne  : il saura vous renseigner sur les financements possibles.

Budget et aides financières, que faut-il savoir avant de lancer vos travaux de rénovation ?

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