Tout savoir sur l’isolation phonique
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Que faut-il savoir sur l’isolation phonique du plafond ?

Que faut-il savoir sur l’isolation phonique du plafond ?

Bruits de pas, jeux d’enfants, meubles que l’on déplace, bruits de la télévision… Vous subissez des nuisances sonores issues des étages supérieurs ? Pour les réduire, une solution : l'isolation phonique du plafond.

En insonorisant votre plafond, vous limitez la propagation des bruits issus des étages supérieurs, que vous viviez en appartement ou en maison. Dans cet article, nous vous expliquons comment fonctionne l’isolation phonique du plafond, afin de vous aider à choisir la meilleure solution possible. Mais n’oubliez pas : pour un projet réussi, le plus important est de passer par un professionnel de confiance, notamment un acousticien.

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Comment fonctionne l’isolation acoustique ?

L’isolation acoustique, que l’on appelle aussi isolation phonique ou même insonorisation, vise à réduire les bruits. Dans le cas de l’isolation d’un plafond, il s’agit de limiter les bruits qui proviennent des étages supérieurs.

Le principe de l’isolation phonique est finalement assez simple. Un parement, souvent constitué d’une ou deux plaques de plâtre, est suspendu, avec plus ou moins de contacts avec le plancher qui le surplombe. C’est ce parement qui assure la performance acoustique grâce à un système de masse-ressort où l’air joue le rôle de ressort.

Plus ce parement est lourd, plus il est efficace. On peut donc choisir une ou deux plaques, d’épaisseur plus ou moins importante, de 12,5 mm à 18 mm, ou avec une densité légèrement renforcée comme par exemple les plaques dites « acoustiques ». Le choix se fait en fonction de l’espace disponible, tout en recherchant la masse surfacique la plus grande. Voici quelques valeurs de masses surfaciques à titre d’exemple :

  • 1 BA13 ≈ 9 kg/m²
  • 1 BA13 acoustique ≈ 11 kg/m²
  • 1 BA18 ≈ 14 kg/m²
  • 2 BA13 ≈ 18 kg/m²

Un plafond en bois ou autre matériau peut également être envisagé. Il devra être étanche à l’air et de masse équivalente à celle d’un plafond en plâtre. Il est possible et conseillé d’y ajouter un isolant fibreux, en laine ou en matière biosourcée, c’est-à-dire issue de la biomasse végétale ou animale. Cet ajout d’isolant améliore les performances du dispositif mais, notez bien que c’est surtout le parement qui assure l’insonorisation, l’isolant vient simplement l’améliorer. En fait, le parement est indispensable à la réussite de votre insonorisation.

Si vous placez directement un isolant phonique au plafond sans parement, vous obtiendrez l’effet inverse de celui recherché. En effet, l’isolation acoustique sera diminuée par rapport à la situation sans isolant !

Comprendre la transmission phonique

Pour mener au mieux votre projet d’isolation phonique du plafond et vous assurer de bien comprendre les différentes options que vous propose le professionnel qui vous accompagne, il est intéressant de se pencher sur le fonctionnement de la transmission acoustique.

Le son est la vibration de l’air. Il se propage sous forme d’ondes, qui viennent percuter les objets qui croisent sa route : meubles, murs et cloisons, sols, plafonds… Suite à cet impact, les parois de ces objets se déforment, se déplacent et vibrent. C’est ça, la transmission acoustique !

Il ne s’agit pas ici de faire un cours de physique. Mais si vous devez retenir quelque-chose, c’est que, lorsque l’on cherche à évaluer l’isolation acoustique, c’est-à-dire la quantité de bruit transmise d’une pièce à une autre, il faut prendre en compte la transmission acoustique directe et la transmission acoustique indirecte. 

  • La transmission directe, c’est la transmission acoustique d’une pièce à l’autre, ou de l’extérieur vers l’intérieur par la paroi qui sépare ces espaces, par exemple le plancher pour l’isolation entre deux pièces superposées.
  • Dans le cas de la transmission indirecte, aussi appelée transmission latérale, les ondes sonores prennent des détours, par exemple à travers les cloisons ou les murs. En général, plus ces parois sont légères et rigides, plus la transmission est forte.

On peut faire l’analogie avec l’eau lors d’un dégât des eaux : l’eau coule directement à travers le plancher mais redescend aussi le long des murs, de façon latérale. Pour le bruit, cela fonctionne de la même façon.

Les différents types de bruits en appartement et maison

En appartement, l’identification des bruits et de leurs sources est plus compliquée qu’en maison, simplement parce qu’ils ne sont pas émis par les membres de votre foyer.

Identifier la nature des bruits doit cependant, et assez logiquement, être la première étape de votre projet. Ces bruits peuvent être solidiens, liés à des équipements, ou encore aériens, c’est-à-dire naissant et se propageant à travers l’air, comme des voix ou de la musique. Il s’agira ensuite de repérer l’origine de ces bruits, ainsi que les parois par lesquelles ils se transmettent. C’est grâce à cet exercice que vous pourrez vous assurer que l’isolation de votre plafond apportera la bonne réponse à votre problématique de nuisance.

En appartement, n’oubliez pas non plus qu’avant de passer par la case travaux, vous pouvez envisager la négociation. En premier lieu, informez votre voisin que vous êtes gêné, et invitez-le à écouter les bruits que son comportement occasionne dans votre logement. Des gestes de bonnes pratiques peuvent déjà limiter les nuisances : fixer des patins sous les meubles et chaises, retirer les chaussures à talons, etc.

Pour aller plus loin, vos voisins peuvent amortir les bruits d’impacts grâce à la pose d’un revêtement de sol adapté, par exemple une moquette ou un sol souple en PVC ou en linoleum, comme nous l’évoquons dans cet article sur le revêtement de sol. Cela ne nécessite pas nécessairement d’engager des travaux très coûteux.

Vous souhaitez en savoir plus ? N’hésitez pas à télécharger notre guide acoustique. S’il est destiné en priorité aux professionnels, vous y trouverez néanmoins des informations précieuses pour mener à bien votre projet.

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Les techniques d’isolation phonique du plafond

Plusieurs techniques d’isolation phonique du plafond existent. Pour vous aider à faire le bon choix, nous vous les présentons rapidement. Cependant, fiez-vous à l’avis de l’acousticien qui vous accompagne  : il pourra vous conseiller sur le traitement qui correspond le mieux à vos besoins.

Créer un plafond suspendu

Le plafond suspendu, ou faux plafond, est le traitement le plus facile et le moins coûteux à mettre en œuvre. Généralement constitué d’une laine minérale (laine de verre ou de roche) ou d’une laine bio sourcée (laine de chanvre ou de bois) et d’une plaque de plâtre ou deux, le faux plafond est, le plus souvent, épais d’une dizaine de centimètres.

Son installation nécessite une hauteur sous-plafond suffisante entre le haut des fenêtres et le plafond : cela veut dire que, non seulement, vous devez disposer de la configuration adéquate mais aussi que vous perdrez quelques centimètres de hauteur après l’installation. Si votre logement comporte des moulures anciennes, elles seront cachées sous le faux plafond, mais pourront cependant être reproduites.

Choisir des suspentes anti-vibratiles

De manière traditionnelle, un plafond suspendu est accroché au plancher avec des suspentes métalliques rigides. Celles-ci conduisent les vibrations et donc le bruit entre les étages. Pour améliorer l’isolation du plafond, on peut alors choisir des suspentes anti-vibratiles constituées de matériaux résilients (souples et élastiques), voire de ressorts.

Pour que ces suspentes soient efficaces, elles doivent être sélectionnées correctement en fonction du poids du plancher et du nombre de suspentes au mètre carré.

Choisir un plafond autoportant

Enfin, pour limiter totalement les jonctions entre le parement du plafond suspendu et du plancher, la solution la plus efficace en acoustique consiste à mettre en œuvre un plafond autoportant. Dans ce cas, le parement est fixé sur une structure métallique qui porte d’un mur à l’autre, sans toucher le plancher. Cela nécessite néanmoins des épaisseurs qui peuvent être supérieures à 10 cm lorsque la distance entre les murs est importante.

Traiter les transmissions indirectes du bruit

Le traitement du plafond seul, sans se préoccuper des transmissions par les murs et cloisons, peut être décevant car il n’apporte une amélioration que de 3 à 5 décibels.

Pour atteindre des performances significatives, c’est-à-dire d’au moins 10 décibels, il faut limiter la transmission par les cloisons légères et rigides, telles que les cloisons en carreaux de plâtre, en maçonnerie brique ou en mâchefer et plâtre. Pour cela, il est nécessaire de doubler ces cloisons avec des plaques de plâtre sur ossature indépendantes du mur et contenant un isolant acoustique à l’intérieur. Cette solution fait cependant perdre de la surface habitable.

Une autre solution consiste à découper ces cloisons en tête (en haut de la cloison, à la jonction avec le plafond), de manière à supprimer le contact entre le plancher et la cloison. Ce vide sera caché dans l’épaisseur du plénum du plafond suspendu. Attention, vous devez vous assurer que ces murs ne sont pas porteurs et faire vérifier par un professionnel que ces travaux ne portent pas dommage à la structure du bâtiment.

Vous pouvez également remplacer vos cloisons par des cloisons en plaques de plâtre équipées d’un isolant acoustique intérieur. Elles propagent effectivement beaucoup moins les bruits issus du dessus.

Réduction du bruit dans les halls et paliers d’immeuble

Dans les halls et paliers d’immeuble, l’enjeu consiste à limiter la propagation des sons et leur réverbération afin de préserver la tranquillité des habitants. Un plafond absorbant permet de réduire les nuisances sonores, grâce à l’absorption acoustique des bruits. Sa vocation étant d’absorber les bruits et non d’isoler, le plafond absorbant n’est donc pas constitué de plaques de plâtre, ou alors ces plaques sont perforées.

N’hésitez pas à vous renseigner auprès d’un acousticien. Celui-ci pourra également vous informer sur les autres dispositifs utiles à mettre en place (panneaux isolants verticaux, revêtements de sol…), le plafond absorbant n’étant souvent qu’un élément parmi d’autres.

Quel isolant choisir ?

Les laines minérales, comme la laine de verre ou la laine de roche, sont à privilégier : elles laissent passer l’air mais en freinant sa propagation, ce qui leur confère des propriétés d’absorbant acoustique.

Autre option : les laines végétales. Les laines de bois et de chanvre sont par exemple de bons isolants acoustiques mais leur coût reste assez élevé (autour de 15 ou 20 € le m², soit presque le double des laines minérales). Comme les laines minérales, les laines végétales ont aussi des qualités en matière d’isolation thermique.

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Quel est le prix de l’isolation phonique d’un plafond ?

Le prix d’une isolation acoustique de plafond se calcule au mètre carré. Plusieurs facteurs influent :

  • Le prix des plaques de parement ;
  • La technique de fixation : suspentes classiques, anti-vibratiles ou plafond autoportant ;
  • Le prix de l’isolant, si vous choisissez d’en ajouter un. Laine de verre et laine de roche sont par exemple disponibles à des tarifs inférieurs à ceux d’autres isolants comme la laine de bois ou la laine de chanvre.
  • Le prix de la pose.

Demandez plusieurs devis et comparez-les. Et, avant de signer, consultez cet article : vous y trouverez notamment la liste des informations que vous devez retrouver dans un devis !

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