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Après les passoires thermiques, faut-il s’inquiéter des « bouilloires thermiques » ?

Modifié le 20 juillet 2026

Après les logements difficiles à chauffer l’hiver, la chaleur d’été devient un sujet majeur. Les « bouilloires thermiques » ne sont pas une catégorie officielle, mais elles décrivent un inconfort bien réel.

Volets et stores fermés pour limiter la chaleur dans un logement en été

L’essentiel

  • Le terme « bouilloire thermique » n’a pas de définition réglementaire officielle à ce jour. Il désigne surtout un logement qui devient très chaud en été et reste difficile à rafraîchir.
  • Contrairement aux passoires thermiques, les bouilloires thermiques ne font pas l’objet d’un calendrier d’interdiction de location.
  • Le DPE intègre déjà un indicateur de confort d’été, mais il ne crée pas une classe officielle de logements « bouilloires ».
  • Les logements les plus exposés sont souvent les derniers étages, les pièces sous combles, les logements très vitrés, mono-orientés ou situés en zone urbaine dense.
  • Le confort d’été dépend de plusieurs facteurs : protections solaires, isolation de la toiture, ventilation, exposition, matériaux et usages quotidiens.

Un mot qui frappe, mais pas une catégorie réglementaire

Le terme « bouilloire thermique » revient de plus en plus lorsqu’il est question de logements qui surchauffent pendant les fortes chaleurs. L’image est parlante : un logement qui accumule la chaleur, la conserve et devient difficile à rafraîchir, parfois même la nuit.

À cette date, aucune source officielle ne permet de confirmer l’existence d’une définition réglementaire des « bouilloires thermiques ». Le terme ne correspond pas à une classe du diagnostic de performance énergétique, ni à une interdiction de louer.

La comparaison avec les passoires thermiques reste utile, à condition de ne pas mélanger les deux sujets. Une passoire thermique désigne un logement très consommateur d’énergie, principalement regardé sous l’angle du chauffage, de la consommation et des émissions de gaz à effet de serre. Une «  bouilloire thermique » renvoie plutôt à l’inconfort d’été : température intérieure élevée, absence de fraîcheur nocturne, vitrages trop exposés, toiture mal isolée ou ventilation insuffisante.

Le sujet n’est donc pas anecdotique. Il touche directement la qualité d’usage du logement, la santé des occupants et la capacité du bâti à s’adapter aux vagues de chaleur.

Pourquoi le sujet devient plus visible ?

Les étés récents ont rendu le confort d’été plus concret pour les habitants. Selon Météo-France, l’année 2025 se classe au 4e rang des années les plus chaudes jamais enregistrées en France depuis le début des mesures en 1900. L’organisme indique aussi que les 10 années les plus chaudes sont toutes postérieures à 2010. L’année 2026 est en passe de battre tous les records de température.

Le logement est directement concerné. Quand les températures restent élevées plusieurs jours, le bâti ne réagit pas seulement à la chaleur extérieure du moment. Il accumule aussi les apports solaires dans les murs, les planchers, la toiture, les vitrages et le mobilier. Si la nuit ne permet pas de rafraîchir les pièces, la température intérieure augmente jour après jour.

Le Baromètre QUALITEL 2025 donne un repère clair : 66 % des Français déclarent avoir déjà eu des difficultés à supporter la chaleur chez eux. Ce chiffre atteint 71 % en appartement, avec une exposition plus marquée pour les studios et les logements situés en métropole ou dans l’agglomération parisienne.

Chiffre clé : près d’un Français sur deux considère que son logement n’est pas assez protégé face à la canicule, selon le Baromètre QUALITEL 2025.

Le DPE parle déjà de confort d’été, mais il ne classe pas les « bouilloires thermiques »

Depuis la réforme du DPE, le confort d’été apparaît dans le diagnostic. Le ministère de la Transition écologique précise que cet indicateur permet de juger si le confort dans le bâtiment est bon, moyen ou insuffisant, et qu’il mentionne des caractéristiques favorables ainsi que des moyens d’amélioration.

C’est une information utile pour un acheteur ou un locataire, car elle attire l’attention sur des éléments que la seule étiquette énergie ne résume pas toujours : protections solaires, isolation, inertie, ventilation, exposition ou présence de traversant.

Mais cet indicateur ne crée pas, à lui seul, une nouvelle catégorie juridique. Un logement peut donc être correctement classé au DPE pour sa consommation annuelle et rester inconfortable en été s’il reçoit trop de soleil, si la toiture chauffe fortement ou si la ventilation nocturne est impossible.

C’est l’un des points à clarifier pour éviter les raccourcis. La lutte contre les passoires thermiques a, à ce jour, un calendrier réglementaire précis : les logements classés G sont progressivement concernés par des restrictions de location depuis 2025, les F le seront à partir de 2028 et les E à partir de 2034, selon les règles de décence énergétique rappelées par le ministère. Les « bouilloires thermiques », elles, ne font pas l’objet d’un calendrier comparable.

Pourquoi certains logements surchauffent plus que d’autres ?

Un logement devient très chaud en été pour plusieurs raisons qui se cumulent. L’exposition au soleil joue souvent un rôle majeur. Les vitrages orientés à l’ouest peuvent être pénalisants en fin de journée, quand la chaleur extérieure est déjà élevée. Les grandes baies vitrées sans protections extérieures peuvent aussi faire entrer beaucoup de rayonnement solaire.

La toiture est un autre point sensible. Les appartements situés au dernier étage, les chambres sous combles ou les maisons avec une isolation de toiture insuffisante peuvent accumuler rapidement la chaleur. Une façade très exposée, un balcon minéral ou une cour sans ombre peuvent accentuer le phénomène.

La ventilation compte aussi. Aérer en pleine journée lorsqu’il fait plus chaud dehors que dedans peut aggraver la surchauffe. À l’inverse, une ventilation nocturne bien utilisée peut évacuer une partie de la chaleur stockée. Encore faut-il pouvoir ouvrir les fenêtres, créer un courant d’air et bénéficier d’un air extérieur réellement plus frais.

Pour QUALITEL, le confort d’été doit donc être regardé comme une composante de la qualité globale du logement. Il ne dépend pas d’un seul équipement, mais d’un ensemble : conception du bâti, protections solaires, isolation, ventilation, qualité des menuiseries, environnement extérieur et usages quotidiens.

Le piège de la climatisation comme seule réponse

Quand un logement devient invivable en été, la climatisation peut sembler être la réponse la plus rapide. Elle peut être nécessaire dans certaines situations, notamment pour des personnes fragiles ou des logements très exposés. Mais elle ne règle pas toujours la cause de la surchauffe.

QUALITEL rappelle que garder un logement confortable sans recourir forcément à la climatisation suppose d’anticiper les aménagements et les bons gestes avant que la canicule ne s’installe. L’Association recommande notamment de limiter les apports de chaleur, de protéger les fenêtres du soleil, d’aérer aux heures fraîches et de réduire les sources de chaleur intérieures.

L’enjeu est simple : éviter que le logement ne chauffe trop avant même de chercher à le refroidir. Une climatisation dans une pièce très exposée, mal protégée et mal isolée peut consommer davantage, créer des écarts de température inconfortables et rejeter de la chaleur à l’extérieur. Elle peut améliorer un usage immédiat, mais elle ne remplace pas une stratégie de confort d’été.

Les solutions dites passives restent souvent les plus efficaces à long terme : volets, stores extérieurs, brise-soleil, isolation de la toiture, ventilation adaptée, brasseurs d’air, végétalisation et réduction des apports internes de chaleur.

Les protections solaires changent souvent la donne

Face aux fortes chaleurs, toutes les protections ne se valent pas. Les rideaux intérieurs peuvent améliorer la sensation près des fenêtres, mais ils interviennent après l’entrée du rayonnement solaire. Les protections extérieures sont généralement plus efficaces, car elles bloquent une partie du rayonnement avant qu’il ne traverse le vitrage.

Volets, stores extérieurs, brise-soleil, persiennes, casquettes solaires ou pergolas peuvent limiter la montée en température. Leur efficacité dépend de l’orientation, de la surface vitrée, du climat local et de l’usage réel par les occupants.

Un volet fermé trop tard protège moins bien. Un store extérieur utilisé uniquement lorsque la pièce est déjà chaude agit avec retard. L’objectif est d’empêcher la chaleur d’entrer, surtout pendant les heures les plus exposées.

Les logements récents sont-ils mieux protégés ?

Les constructions neuves sont mieux encadrées sur le confort d’été que les logements anciens, même si des améliorations sont encore possibles. La réglementation environnementale RE2020 intègre un indicateur de degrés-heures d’inconfort, exprimé en degrés par heure, destiné à évaluer l’inconfort ressenti par les occupants lors des périodes chaudes. Bien qu’il ait le mérite d’exister, il devra sans doute être réévalué en prenant en compte les épisodes de canicule récents.

Ce point traduit une évolution importante : la performance d’un logement ne se limite plus à sa capacité à consommer peu en hiver. Elle doit aussi intégrer sa capacité à rester vivable pendant les périodes de canicule.

Dans l’existant, la question est plus complexe. Le ministère rappelle que les bâtiments rénovés doivent assurer un confort d’été acceptable, dans la mesure du possible compte tenu du bâti existant. Mais les contraintes diffèrent selon l’âge du bâtiment, l’orientation, la copropriété, les règles d’urbanisme, les matériaux et le budget disponible.

Il n’existe donc pas une solution unique. Une maison ancienne en pierre, un studio sous toiture, un appartement traversant des années 1970 et un logement neuf très vitré ne se traitent pas de la même façon.

Quels signaux doivent alerter dans un logement ?

Certains signes doivent inciter à regarder le confort d’été de plus près. Une température intérieure qui dépasse fortement la température extérieure en soirée, une chambre impossible à rafraîchir la nuit, des vitrages brûlants au toucher ou une pièce inutilisable en fin de journée sont des signaux concrets.

Le dernier étage mérite une attention particulière, surtout si la toiture ou la terrasse ne sont pas bien isolées. Les logements mono-orientés, sans possibilité de courant d’air, peuvent aussi rester chauds plus longtemps. En ville, l’environnement extérieur compte beaucoup : sols minéraux, façades proches, absence d’arbres, cour intérieure peu ventilée ou îlot de chaleur urbain.

À l’achat ou à la location, il peut être utile de poser des questions simples : le logement est-il traversant ? Les fenêtres exposées au soleil disposent-elles de protections extérieures ? La toiture a-t-elle été isolée ? Le DPE mentionne-t-il un confort d’été moyen ou insuffisant ? Les nuits d’été permettent-elles d’aérer en sécurité ?

Que faire sans gros travaux ?

Sans engager de rénovation lourde, plusieurs gestes peuvent déjà limiter la surchauffe. Il faut fermer les fenêtres et protections solaires pendant les heures chaudes, puis aérer le soir, la nuit ou tôt le matin lorsque l’air extérieur redevient plus frais. Les appareils qui produisent de la chaleur, comme le four ou les plaques de cuisson, peuvent être utilisés avec plus de prudence lors des pics de chaleur.

Les protections mobiles peuvent aussi aider : stores extérieurs, films solaires adaptés, voilages, occultations temporaires, végétation en pot, ombrage sur balcon lorsque c’est possible. Ces solutions ne transforment pas un logement très exposé, mais elles peuvent ralentir la montée en température.

En copropriété, certains choix pour adapter l’immeuble à la canicule doivent être votés collectivement : isolation de toiture, protections solaires visibles en façade, végétalisation, traitement des parties communes ou amélioration de la ventilation. La chaleur devient alors un sujet de décision collective, pas seulement un inconfort individuel.

Après les passoires, un nouveau défi pour la qualité du logement

Le mot « bouilloire thermique » n’a pas, aujourd’hui, la portée juridique du mot « passoire thermique ». Mais il dit quelque chose de très concret : un logement peut devenir difficile à vivre en été, même lorsque sa consommation de chauffage n’est pas le seul problème.

Pour QUALITEL, cette évolution invite à élargir la manière d’évaluer la qualité d’un logement. La performance énergétique reste nécessaire, mais elle doit être associée à la qualité d’usage, à la qualité de l’air, à l’isolation, à la ventilation, à la protection contre l’humidité et au confort en toute saison.

Le logement de demain ne sera pas seulement celui qui consomme moins en hiver. Ce sera aussi celui qui protège mieux ses occupants lors des fortes chaleurs, sans dépendre uniquement de solutions de refroidissement énergivores.

FAQ Bouilloire thermique : nos réponses à vos questions

Une « bouilloire thermique » est-elle une notion officielle ?

Non. À cette date, aucune source officielle ne permet de confirmer une définition réglementaire des « bouilloires thermiques ». Le terme désigne surtout, dans le langage courant, un logement qui surchauffe fortement en été.

Le DPE permet-il d’identifier un logement trop chaud l’été ?

Le DPE comporte un indicateur de confort d’été, avec une appréciation du niveau de confort et des pistes d’amélioration. Il ne crée pas une classe officielle de « bouilloire thermique ».

Un logement bien classé au DPE peut-il être inconfortable l’été ?

Oui. Un bon classement énergétique ne garantit pas toujours un bon confort d’été. L’exposition, les vitrages, la toiture, la ventilation et les protections solaires jouent aussi un rôle.

Quels logements sont les plus exposés à la surchauffe ?

Les derniers étages, les logements sous combles, les studios, les appartements mono-orientés, les logements très vitrés ou situés en zone urbaine dense peuvent être plus exposés.

Faut-il installer une climatisation ?

La climatisation peut être utile dans certains cas, mais elle ne doit pas être la seule réponse. Les protections solaires, l’isolation, la ventilation nocturne et la limitation des apports de chaleur sont à regarder en priorité.

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