Pourquoi anticiper l’aménagement du logement avec l’âge ?L’allongement de l’espérance de vie et le vieillissement de la population transforment les usages du logement. Ces évolutions démographiques posent le défi majeur de permettre à chacun de vieillir chez soi dans un environnement sûr, confortable et adapté à sa perte progressive d’autonomie. Une population française vieillissante Selon le Baromètre QUALITEL 2024, 67% des Français envisagent de rester dans leur logement actuel pour vieillir et 50% d’entre eux déclarent ne pas avoir besoin de réaliser de travaux d’aménagement. En revanche, 49% des personnes interrogées estiment que leur logement actuel ne pourra pas être aménagé pour répondre aux besoins des personnes âgées ou à mobilité réduite. Le vieillissement de la population en chiffres D’après les chiffres de l’Insee de 2020, au 1ᵉʳ janvier 2020, les personnes de 65 ans et plus représentaient 20,5 % de la population, soit une progression de 4,7 points sur vingt ans. Selon les projections de l’institut, à l’horizon 2070, la part des 65 ans ou plus pourrait atteindre 28,7 % de la population. Pourtant, peu de maisons et appartement sont réellement adaptés à la perte progressive de mobilité, de force ou de repères sensoriels. Anticiper les aménagements du logement avant que les difficultés ne s’installent permet de préserver l’autonomie et la sécurité du logement des seniors au quotidien. Besoin d’agrandir votre maison pour créer une chambre en rez-de-chaussée ou une salle d’eau ? Zoom sur l’extension sans permis de construire. Un allongement de l’espérance de vie Pour bien vieillir chez soi et profiter d’une longue retraite bien méritée, il convient d’aménager son logement pour prévenir les chutes, faciliter les gestes du quotidien et éviter les hospitalisations liées à un habitat inadapté. Ainsi, vieillir chez soi et adapter son logement, c’est aussi : prolonger le temps à vivre dans un cadre familier ; gagner en confiance et en quiétude ; réduire les risques d’accidents domestiques ; retarder ou éviter l’entrée en établissement spécialisé ; alléger la charge physique et mentale des proches aidants. En effet, la dépendance en cas de perte d’autonomie s’accompagne souvent d’une aide précieuse accordée par les proches. Mais avec le temps, ce soutien peut devenir difficile à concilier avec le souhait d’autonomie des seniors, aussi bien qu’avec la charge physique et émotionnelle des aidants. Dès les premiers signes de perte d’autonomie, un diagnostic habitat ou un accompagnement par un ergothérapeute peut aider à identifier les besoins prioritaires : accessibilité, confort, ergonomie et sécurité. Plus l’adaptation du logement des seniors est pensée tôt, plus elle est simple, efficace et économique. Pour répondre à ces enjeux, le profil « Adaptation au Vieillissement » du référentiel NF Habitat souligne qu’un logement bien pensé pour vieillir chez soi repose sur trois piliers indissociables : l’accessibilité du logement, l’adaptation des logements et l’accompagnement social. Le maintien à domicile, une priorité nationale Le maintien à domicile des personnes âgées s’inscrit au cœur des politiques publiques du vieillissement. Réaffirmée lors des débats autour de la proposition de loi « Bien vieillir » fin 2023, cette orientation vise à favoriser l’autonomie à domicile, jugée plus humaine et moins coûteuse que l’accueil en établissement. Depuis plusieurs décennies, l’État soutient ainsi les dispositifs d’adaptation du logement et d’accompagnement des seniors pour prolonger la vie à domicile dans de bonnes conditions. Les zones à risque dans un logement non adaptéSelon le plan antichute des personnes âgées du ministère chargé de l’autonomie publié en 2022, chaque année, 2 millions de chutes de personnes âgées de plus de 65 ans sont responsables de 10 000 décès et de plus de 130 000 hospitalisations. Le plan ambitionne de réduire de 20 % le nombre de chutes mortelles ou entraînant une hospitalisation des personnes de 65 ans et plus. En effet, avec l’âge, la mobilité, la vision ou les réflexes perdent en précision, ce qui rend certains espaces du logement particulièrement dangereux. Identifier ces zones à risque constitue la première étape pour sécuriser l’environnement des seniors. Les principaux dangers concernent : les escaliers qui deviennent difficiles à monter ou descendre ; la salle de bain, où l’humidité et les surfaces lisses provoquent de nombreuses chutes ; les zones de circulation, encombrées de meubles, fils électriques ou tapis, qui freinent les déplacements en cas de perte de mobilité ; l’éclairage, souvent insuffisant, qui accentue les risques de chute nocturne. Un logement accessible et bien éclairé limite non seulement les accidents, mais aussi le sentiment d’insécurité, souvent source de repli sur soi pour les personnes âgées. Pièce par pièce : nos conseils d’aménagement pour vieillir chez soiAdapter son logement pour vieillir à son domicile ne signifie pas tout transformer, mais plutôt penser chaque espace en matière de confort, d’accessibilité et de sécurité. Un aménagement réfléchi permet de conserver son autonomie tout en réduisant les efforts physiques du quotidien. Entrée et circulation Les zones de passage doivent rester larges et dégagées pour permettre un déplacement fluide, même avec une canne, un déambulateur ou un fauteuil roulant. Les sols doivent être stables, sans seuils ni tapis glissants. Les interrupteurs et poignées doivent être facilement accessibles, situés à hauteur de main. Dans l’entrée, un bon éclairage et un siège d’appoint facilitent l’enfilage des chaussures ou la récupération du courrier sans perte d’équilibre. Salon et chambre Ces pièces de vie doivent avant tout être confortables et reposantes. Évitez les meubles bas ou aux angles saillants, tout en conservant des passages d’au moins 90 cm entre chaque élément. En outre, un fauteuil et le lit doivent permettre de s’asseoir ou de se relever sans effort. En effet, une assise trop basse ou un matelas trop mou compliquent les mouvements. Un éclairage doux, mais suffisant, commandé à distance, aide à éviter les déplacements nocturnes dangereux. Dans la chambre, placer un téléphone ou un système d’alerte à portée de main peut s’avérer précieux en cas de chute, notamment pour une personne âgée vivant seule. Cuisine La cuisine concentre de nombreuses contraintes et risques : chaleur, eau, ustensiles coupants, déplacements fréquents, etc. Mieux vaut privilégier des rangements à hauteur de main pour éviter de se baisser ou de monter sur un escabeau. Les plaques à induction réduisent les risques de brûlure, tandis qu’un plan de travail dégagé améliore la visibilité. Enfin, l’ergonomie prime : tout doit être accessible sans effort ni torsion du corps. Salle de bain et toilettes La salle de bain et les toilettes représentent les pièces les plus accidentogènes du logement pour une personne âgée. Les surfaces mouillées, les petits espaces et les gestes contraints favorisent les chutes. Pour bien vieillir chez soi, un sol antidérapant, une douche de plain-pied, un siège mural et des barres d’appui latérales renforcent la sécurité. En outre, les toilettes peuvent être surélevées pour faciliter les transferts. Le bon sens s’applique aussi avec la température de l’eau. En ce sens, un mitigeur thermostatique prévient les brûlures et stabilise la chaleur de l’eau. Les équipements et aides techniques utiles pour l’adaptation du logement des seniorsCertains équipements simples peuvent transformer le quotidien et prolonger l’autonomie sans grands travaux. Le choix dépend du niveau de mobilité et des habitudes de vie, mais leur objectif reste le même : prévenir les chutes et faciliter les gestes du quotidien. Les équipements les plus utiles à l’aménagement du domicile d’une personne âgée incluent : les barres d’appui dans la salle de bain d’un senior pour se redresser sans risque ; les sièges de douche, ou tabourets antidérapants, qui sécurisent la toilette ; le monte-escalier, idéal dans les maisons à plusieurs niveaux ; les rehausseurs de fauteuils, de w.c. ou de lits, qui facilitent les transferts ; les revêtements antidérapants sur les sols ou les marches ; la domotique qui automatise l’éclairage, les volets ou l’alerte en cas de chute ; les interrupteurs facilement repérables ou la présence de veilleuses sur le parcours entre chambre, salle de bain et WC ; la téléassistance et les dispositifs d’alerte connectés qui permettent d’appeler de l’aide à distance. Un ergothérapeute peut aider à évaluer les besoins réels, à recommander les bons et à les adapter aux contraintes du logement dans le temps. Souvent simples, ces aménagements contribuent à maintenir la sécurité dans le logement et le confort des seniors en maison ou en appartement tout en renforçant leur confiance en leur environnement. Il est donc primordial de bien choisir vos équipements. Les aides financières pour adapter son logement Adapter un logement à la perte d’autonomie peut représenter un coût, mais plusieurs dispositifs publics accompagnent les particuliers. Ma Prime Adapt ’, les aides de l’ANAH, les subventions des caisses de retraite ou des collectivités locales et le crédit d’impôt pour l’installation d’équipements d’accessibilité du logement représentent des aides souvent cumulables, mais soumises à condition d’éligibilité. Bilan des actions à anticiper pour mieux vieillir chez soiVieillir chez soi ne doit pas rimer avec inconfort ou insécurité. En repensant son logement dès les premiers signes de fragilité, il est possible de préserver son autonomie et son bien-être plus longtemps. Trois conseils simples facilitent le maintien à domicile et l’accessibilité du logement : Anticiper très tôt les aménagements, avant que la perte de mobilité ne complique les travaux ; Faire diagnostiquer son logement par un ergothérapeute ou un professionnel de l’habitat pour cibler les zones à adapter ; Mobiliser les aides financières disponibles, afin de réaliser des aménagements durables à moindre coût. Penser l’adaptation de son domicile contribue à préparer sereinement son avenir. Sur le même sujet Seniors : comment adapter votre logement ? Équipements PMR : comment les choisir pour son logement ? Réglementation PMR : tout savoir sur l’accessibilité Budget et aides financières : que faut-il savoir pour financer vos travaux de rénovation ? 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