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Travaux mal faits : quels recours contre un artisan ?

Modifié le 27 mai 2026

Travaux mal réalisés, malfaçons, chantier abandonné ou non conforme : quels recours contre un artisan ou une entreprise du bâtiment ? Découvrez les démarches à suivre, les garanties à activer et les solutions pour obtenir réparation en cas de travaux mal faits.

L’essentiel

  • Photographiez les malfaçons constatées.
  • Envoyez une lettre recommandée à l’artisan.
  • Ne payez pas le solde du chantier tant que les réserves ne sont pas levées.
  • Activez les garanties légales adaptées.
  • Faites appel à un expert en bâtiment si nécessaire.
  • Privilégiez d’abord une solution amiable avant un recours en justice.

Comment se définit une malfaçon ?

Une malfaçon correspond à un défaut de construction ou de rénovation qui affecte la solidité de l’ouvrage ou le rend impropre à l’usage auquel il est destiné.

Cela inclut les problèmes structurels, d’étanchéité, les finitions non conformes aux normes ou au contrat, ou tout autre défaut impactant négativement la qualité et la sécurité de l’habitation.

Comment constater des travaux mal faits ?

Pour faire constater des travaux mal réalisés, suivez une démarche structurée afin de faire valoir vos droits plus efficacement.

Mettre en évidence les travaux mal faits

Qu’il s’agisse d’un projet de construction d’une maison individuelle ou de travaux de rénovation, documentez les malfaçons et sinistres identifiés en prenant des photos ou en filmant le problème :

  • lors de la réception de l’ouvrage pour les malfaçons apparentes ;
  • des semaines, voire des années plus tard, pour les malfaçons cachées.

Rassemblez ensuite toute la documentation pertinente relative aux travaux et aux désaccords qui seraient déjà survenus pendant la phase chantier : contrat, devis, correspondances.

À ce stade, la réception des travaux fait état de réserves.

Sur le point de réceptionner votre chantier de rénovation ? Découvrez les points de vérification incontournables pour une levée des réserves sans mauvaise surprise.

Informer l’artisan responsable des malfaçons

Quand votre documentation est prête, notifiez l’artisan dont la responsabilité contractuelle est engagée en lui envoyant une contestation par lettre recommandée avec accusé de réception pour motif de non-respect des garanties.

Vous expliciterez avec tous les détails indispensables les malfaçons constatées lors de la réception et postérieurement. Vous pourrez préciser le délai que vous accordez à l’entreprise pour corriger les travaux mal réalisés.

Ce courrier constitue une première preuve de votre démarche pour obtenir réparation en cas de travaux mal faits.

Se faire accompagner d’un expert pour faire constater les malfaçons

Si les malfaçons sont contestées ou complexes, un expert en bâtiment pourra établir un rapport objectif.

Il peut s’agir d’un expert indépendant ou, en cas de litige plus sérieux, d’un expert judiciaire nommé par un tribunal.

Dans le cas de travaux de rénovation en copropriété, vous pouvez solliciter la présence du syndic de l’immeuble pour établir un constat.

Les malfaçons constatées, vous pouvez entamer une procédure pour obtenir la réparation des dégâts sur vos travaux en activant la garantie correspondante.

Réception des travaux et levée des réserves

Lors de la réception des travaux, le client (maître d’ouvrage), accompagné parfois d’un expert, procède à l’examen détaillé de l’ouvrage pour identifier une non-conformité, un défaut ou une malfaçon. Il formule ensuite les réserves en consignant par écrit les points qui doivent être corrigés. Cette étape marque la transition entre la fin des travaux et le début de la période de garantie.

En outre, elle établit l’obligation de l’entrepreneur de rectifier les problèmes signalés. Une fois les corrections réalisées et validées par le client, les réserves peuvent être levées. À ce stade, les travaux sont conformes aux attentes et le chantier, exempt de malfaçons, est considéré comme pleinement achevé et satisfaisant.

Les garanties de construction en cas de travaux mal réalisés

Lorsque des travaux sont mal réalisés, plusieurs garanties légales protègent le maître d’ouvrage.

GarantieDuréeCe qu'elle couvre
Garantie de parfait achèvement1 anDéfauts et malfaçons signalés après réception
Garantie biennale2 ansÉquipements dissociables
Garantie décennale10 ansDommages graves affectant le logement
Assurance dommages-ouvrage10 ansRéparation rapide des dommages décennaux
GarantieDuréeCe qu'elle couvre
Garantie de parfait achèvement1 anDéfauts et malfaçons signalés après réception
Garantie biennale2 ansÉquipements dissociables
Garantie décennale10 ansDommages graves affectant le logement
Assurance dommages-ouvrage10 ansRéparation rapide des dommages décennaux
Garantie de parfait achèvement
Durée
1 an
Ce qu'elle couvre
Défauts et malfaçons signalés après réception
Garantie biennale
Durée
2 ans
Ce qu'elle couvre
Équipements dissociables
Garantie décennale
Durée
10 ans
Ce qu'elle couvre
Dommages graves affectant le logement
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Assurance dommages-ouvrage
Durée
10 ans
Ce qu'elle couvre
Réparation rapide des dommages décennaux

Ces garanties vous protègent en tant que client. Lors d’un recours pour des travaux de mauvaise qualité, elles garantissent une certaine obligation de résultat de la part de l’entreprise de construction.

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Avant de valider un contrat de construction ou de travaux, vérifiez que l’artisan est bien assuré, notamment pour la garantie décennale, ce qui est une obligation légale pour tout constructeur (loi Spinetta de 1978). Demandez-lui de vous fournir une attestation d’assurance décennale avant le début des travaux pour avoir l’esprit plus serein !

Des garanties introuvables dans le contrat signé avec l’artisan, que faire ?

Sachez que les garanties liées à la construction sont encadrées par la loi et s’appliquent automatiquement, indépendamment de leur mention explicite dans le contrat ou le devis.

Cependant, un professionnel sérieux indiquera souvent ces garanties dans ses documents contractuels pour clarifier ses obligations, rassurer le client et protéger les droits des parties prenantes.

Quels recours en cas de travaux mal réalisés ?

Lorsqu’un litige survient après des travaux, plusieurs recours existent pour tenter d’obtenir réparation.

Le recours amiable

Avant toute procédure judiciaire, privilégiez une solution amiable avec l’entreprise.

Adressez un courrier recommandé avec accusé de réception détaillant :

  • les malfaçons constatées ;
  • les réparations demandées ;
  • le délai d’intervention souhaité.

Une solution amiable permet souvent de résoudre plus rapidement un litige lié à des travaux mal faits, tout en limitant les frais de procédure et les délais.

Faire appel à un médiateur

Si le dialogue avec l’entreprise est bloqué, vous pouvez saisir un médiateur de la consommation ou une association spécialisée.

L’expertise bâtiment

Si les malfaçons sont importantes, contestées ou difficiles à évaluer, un expert en bâtiment pourra établir un rapport objectif. Cette expertise peut faciliter les démarches amiables ou judiciaires et aider à déterminer les responsabilités.

Le recours judiciaire

Le recours judiciaire devient nécessaire lorsque l’entreprise refuse d’intervenir, conteste les malfaçons ou abandonne le chantier. Cette procédure permet d’obtenir réparation des dommages ou l’exécution des travaux prévus au contrat.

Selon le montant du litige, le tribunal compétent peut être :

  • le tribunal de proximité ;
  • le tribunal judiciaire.

Avant d’engager une procédure, il est conseillé de consulter un professionnel du droit.

Et si les travaux ont été réalisés sans accord signé ?

Vous pouvez faire réaliser des travaux sans contrat ou devis signé, surtout dans le cadre de petits chantiers ou de réparations mineures. Cependant, procéder sans ces documents écrits augmente les risques de malentendus, de malfaçons, ou de litiges sur le coût final des travaux. En outre, le travail « au noir » ou « au black » est interdit par la loi.

Selon l’article L8224-1 du Code du travail, vous vous exposez en tant qu’employeur à une peine de prison pouvant atteindre 3 ans et à 45 000 € d’amende. Un contrat ou un devis signé représente une preuve d’accord entre les parties prenantes, protège le consommateur et lui permet de bénéficier des garanties propres aux travaux de construction.

Peut-on refuser de payer des travaux mal réalisés ?

En cas de malfaçons constatées lors de la réception des travaux, le client peut refuser de régler le solde du chantier tant que les réserves ne sont pas levées. Cette retenue doit toutefois rester proportionnée aux désordres constatés.

Pour éviter tout litige supplémentaire, il est recommandé :

  • de formaliser les réserves par écrit ;
  • d’envoyer un courrier recommandé à l’entreprise ;
  • de consigner les sommes restantes si nécessaire.

En revanche, suspendre totalement un paiement sans justification peut se retourner contre le maître d’ouvrage.

Quelles étapes suivre en cas de malfaçons ?

Pour gérer efficacement un litige lié à des travaux mal réalisés :

  1. constatez les désordres et prenez des photos ;
  2. rassemblez devis, factures et échanges avec l’entreprise ;
  3. envoyez une mise en demeure par lettre recommandée ;
  4. activez les garanties adaptées ;
  5. faites appel à un expert si nécessaire ;
  6. privilégiez une solution amiable ;
  7. saisissez le tribunal compétent en dernier recours.

FAQ Malfaçons : nos réponses à vos questions

Quelles sont les garanties qui protègent un maître d’œuvre en cas de malfaçon sur un chantier ?

Dans le domaine très réglementé de la construction, plusieurs garanties juridiques sont mises en place pour protéger les particuliers et les professionnels face aux malfaçons sur un chantier.

Ces garanties vous assurent la conformité des travaux réalisés. Elles offrent un cadre légal permettant d’agir efficacement en cas de litige avec une entreprise de construction.

Voici les principales garanties à connaître :

Quel recours contre une entreprise qui n’a pas de garantie décennale ?

En l’absence de clause de garantie décennale, le particulier rencontrant un problème concernant la réalisation de ses travaux peut se tourner vers la responsabilité civile de l’entreprise pour malfaçon.

Il doit prouver le défaut de conformité ou le vice caché affectant la construction, ainsi que le lien de causalité avec le préjudice subi.

La mise en demeure par lettre recommandée constitue la première étape pour faire valoir ses droits. Si nécessaire, une action en justice pourra être engagée pour obtenir réparation du dommage.

Cette démarche peut s’appuyer sur le Code civil, notamment les articles relatifs à la responsabilité contractuelle (1231 et suivants) et aux vices cachés (1641 et suivants).

L’artisan est-il tenu à une obligation de résultat ?

Dans le domaine de la construction, l’artisan est généralement tenu à une obligation de résultat, particulièrement pour les travaux spécifiquement définis dans un contrat ou un devis signé.

En ce sens, il doit garantir la réalisation des travaux conformément aux résultats attendus stipulés dans le contrat.

Si les travaux ne répondent pas aux exigences convenues, l’artisan peut être considéré comme responsable.

Dans ce cas, le client peut exiger :

  • la réparation des malfaçons ;
  • le remplacement des équipements défectueux ou des travaux mal réalisés ;
  • un dédommagement des travaux pour le préjudice subi.

Cette obligation s’applique aux contrats de construction de nouveaux bâtiments aussi bien que pour des travaux de rénovation.

L’artisan ou le sous-traitant : vers qui se retourner en cas de malfaçons ?

En cas de désordres, il convient de se tourner vers l’artisan principal avec lequel le contrat a été directement signé.

L’artisan principal est juridiquement responsable envers le client pour l’ensemble du projet, y compris pour les travaux réalisés par ses sous-traitants en cas de litige.

C’est donc à lui de répondre des défauts et de rectifier les malfaçons, indépendamment du fait qu’elles aient été commises par lui-même ou par un sous-traitant.

Avec un unique interlocuteur, la gestion des litiges et la mise en œuvre des garanties de construction sont simplifiées.

Quel délai pour signaler des travaux mal réalisés ?

Le délai dépend de la nature des désordres constatés. La garantie de parfait achèvement couvre les malfaçons pendant 1 an après réception des travaux, la garantie biennale pendant 2 ans et la garantie décennale pendant 10 ans.

Que faire si l’artisan ne répond plus ?

Si l’entreprise ne répond pas malgré vos relances, envoyez une mise en demeure par courrier recommandé avec accusé de réception.

En l’absence de réponse, vous pouvez faire appel à un médiateur, à un expert ou saisir le tribunal compétent.

Comment prouver des travaux mal faits ?

Les preuves peuvent inclure :

  • des photos des malfaçons ;
  • des devis et factures ;
  • des échanges écrits avec l’entreprise ;
  • un constat ou une expertise indépendante.

Plus le dossier est documenté, plus les recours seront facilités.

Comment choisir un expert pour constater les malfaçons ?

Pour constater des malfaçons après réception de l’ouvrage, choisissez un expert en bâtiment agréé par l’État. Il présente généralement une formation d’ingénieur ou d’architecte ainsi qu’une expérience de terrain conséquente. Son intervention doit inclure : un constat sur site, une analyse documentaire, une stratégie d’action et un rapport d’expertise qui précise les responsabilités du dommage et en évalue les coûts.

A retenir

Pour limiter les risques de malfaçons, comparez plusieurs devis, vérifiez les assurances de l’entreprise et consultez les avis clients avant de signer un contrat.

Un suivi attentif du chantier et une réception des travaux rigoureuse permettent également d’éviter de nombreux litiges.

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