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Chauffage : à quoi devez-vous prêter attention lors d’une visite de logement ?

Chauffage : à quoi devez-vous prêter attention lors d’une visite de logement ?

Pour affronter les longues journées d’hiver, rien de mieux qu’un logement bien chauffé ! Lorsque vous visitez un bien immobilier, il est important d’inspecter l’état de l’installation afin d’éviter toute mauvaise surprise. Si vous ne souhaitez pas que la facture de chauffage pèse trop lourd dans votre budget, mieux vaut être attentif. Voici quelques conseils à suivre pour effectuer votre visite d’achat ou de location avec un œil expert.

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Visite d'un appartement Visite d’une maison
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Quelles questions faut-il poser sur le chauffage pendant la visite ?

Cela dépend du type d’installations que vous trouverez dans le bien que vous visitez.

Si le bien qui vous intéresse est un appartement :

Vous pouvez débuter votre visite en vous intéressant à trois critères :

  • Le chauffage est-il individuel ou collectif ?
  • Quel est son mode de fonctionnement : s’agit-il d’un système électrique, d’une chaudière à gaz ou fioul, d’une pompe à chaleur ou d’un chauffage urbain ?
  • Quel type d’équipements l’appartement comporte-t-il ? Vous avez généralement le choix entre des radiateurs à eau chaude, des convecteurs électriques, des panneaux rayonnants électriques ou encore un plancher chauffant.

Si l’appartement est équipé d’un chauffage collectif, également appelé chauffage central :

Demandez à votre interlocuteur le mode de répartition des frais de chauffage. Les règles de répartition sont explicitées dans le règlement de copropriété.

Depuis le 30 mai 2016, un décret impose la mise en place de l’individualisation des frais de chauffage. Cette dernière est obligatoire dans les immeubles dotés d’un chauffage collectif et est rendue possible grâce à l’installation de compteurs individuels ou de répartiteurs de frais. Ceux-ci doivent être mis en fonction au plus tard le 25 octobre 2020. L’individualisation permet de ne faire payer à chaque occupant que l’énergie qu’il consomme.

A contrario, s’il s’agit d’un chauffage individuel :

Demandez les factures de chauffage sur une ou deux saisons de chauffe complètes. Cela vous permettra de connaître le montant exact des factures des occupants précédents et d’avoir une idée de ce que vous devrez vous-même débourser.

Le logement qui vous intéresse est une maison :

Renseignez-vous sur le montant des frais de chauffage, sur le type de chauffage.

  • Est-ce plutôt un chauffage électrique, une chaudière, un chauffage bois, un poêle, une cheminée, ou une pompe à chaleur ?
  • L’émetteur est-il aéraulique, à eau chaude ou est-ce un plancher chauffant ?

Ces éléments vous permettront de déterminer le montant de vos factures mensuelles mais aussi l’entretien à prévoir chaque année.

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Que faut-il observer au niveau du chauffage au bois ?

Réservé aux maisons individuelles, le chauffage au bois offre une ambiance chaleureuse à la pièce dans laquelle il est installé. Mais votre moment détente au coin du feu pourrait perdre de son charme si celui-ci n’est pas entretenu correctement.

Commencez par regarder avec attention l’installation

S’agit-il d’un foyer ouvert ou fermé, insert ou poêle ? Quelles sont les pièces chauffées par la cheminée ? Celle-ci est-elle utilisée régulièrement ?

Vérifiez la présence d’une trappe d’obturation qui permettra de fermer la cheminée lorsque le chauffage n’est pas utilisé. Attention si ce n’est pas le cas : l’air froid peut pénétrer dans la pièce par le conduit de cheminée et causer une déperdition thermique !

S’il s’agit d’une chaudière, d’une cheminée et d’un poêle, nos experts vous recommandent de vérifier si l’entretien et le ramonage ont bien été réalisés.

N’hésitez pas à réclamer le certificat de ramonage mécanique et le contrôle de la vacuité du conduit d’évacuation faits par un professionnel. Le ramonage mécanique est obligatoire deux fois par an pour tous les types de foyer.

Equipements de sécurité incendie : comment bien les entretenir ?

Conseils au quotidien

Pour les cheminées à foyer ouvert

Le manteau de la cheminée est-il abîmé ? Pour vous en assurer, regardez la plaque. Il peut arriver qu’elle se fende lors d’écarts de température trop rapides.

Observez également l’état des abords immédiats de la cheminée, notamment le revêtement du sol. Si vous voyez des brûlures dues à des étincelles sorties du foyer, cela peut être le signe d’une mauvaise conception de la cheminée et nécessiter un investissement pour la pose d’un pare-étincelle.

Pour les foyers fermés ou inserts

Observez l’état général du foyer. Si la vitre n’est pas noircie, ne présente pas de fissure et que les grilles d’air chaud sont propres, c’est le signe d’un bon entretien !

Pour les poêles

Le gabarit du poêle doit être adapté au volume de la pièce à chauffer. Les petits poêles dégagent moins de chaleur que les gros mais permettent de garder une meilleure flamme et donc une combustion plus complète. Un gros poêle dégagera beaucoup de chaleur et devra parfois être ralenti.

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Que devez-vous contrôler au niveau du chauffage et de la production d’eau chaude ?

Si le logement visité possède des équipements individuels, demandez à votre interlocuteur comment sont produits l’eau chaude et le chauffage.

  • S’agit-il d’une chaudière, d’un chauffe-eau ou d’un ballon d’eau chaude ?
  • Fonctionne-t-il au gaz, à l’électricité ou à l’énergie solaire avec une source d’appoint ?

Nos experts vous donnent en détail les éléments à bien prendre en compte pour chaque équipement.

S’il s’agit d’une chaudière individuelle :

Vérifiez dans un premier temps que l’équipement est en bon état général : la chaudière doit se mettre en route lorsque vous l’allumez et vous sembler bien entretenue. Notez la date d’installation et demandez à voir les factures d’entretien. Celui-ci est obligatoire une fois par an.

Vous devez également vous assurer que l’entretien de la chaudière va être possible. La chaudière est-elle facilement accessible ?

S’il y a un stockage de combustible (gaz, fuel – en bouteille ou en citerne dans les maisons individuelles), celui-ci doit aussi être facilement accessible pour la maintenance.

 

S’il s’agit d’un chauffe-eau individuel :

Renseignez-vous sur son âge ! Un chauffe-eau de plus de dix ans peut fonctionner mais devra être remplacé tôt ou tard, sauf s’il a bien été entretenu et détartré.

S’il est placé en zone non chauffée, vérifiez également l’état du calorifugeage qui permet d’isoler thermiquement les tuyaux d’eau chaude. S’il n’est pas en bon état, vous risquez de ne pas avoir une eau très chaude, surtout en hiver lorsque les températures baissent. Sans parler de la dépense énergétique supplémentaire…

Notez également qu’un chauffe-eau électrique requiert l’installation impérative d’un groupe de sécurité sur l’arrivée d’eau froide. Vous devez vérifier sa présence et son raccordement au réseau d’évacuation des eaux usées. Contrôlez aussi la présence de tartre et les possibilités de manœuvre pour que l’eau s’écoule dans la canalisation d’évacuation. Le groupe de sécurité peut être complété par un dispositif anti-brûlure.

Il est préférable que le chauffe-eau et le réseau de distribution soient installés dans le volume chauffé de la maison (cave, chaufferie…). Si ce n’est pas le cas, veillez à ce que les canalisations soient bien isolées par du calorifugeage (coquille isolante sur tuyauteries).

Un ballon d’eau chaude doit être contrôlé par un professionnel tous les 2 ou 3 ans. Demandez à voir le rapport du dernier contrôle. Assurez-vous également que sa capacité corresponde à vos besoins. Voici quelques repères qui vous aideront à savoir si la capacité du ballon d’eau chaude est suffisante pour votre foyer :

1 occupant2 occupants3 occupants4 occupants
100 L d'eau par jour150 L d'eau par jour200 L d'eau par jour250 L d'eau par jour
1 occupant2 occupants3 occupants4 occupants
100 L d'eau par jour150 L d'eau par jour200 L d'eau par jour250 L d'eau par jour
100 L d'eau par jour
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Si l’eau chaude est produite par un chauffe-eau instantané, un système à accumulation ou une chaudière à double service fonctionnant au gaz, vérifiez que ces appareils soient bien raccordés à un conduit d’évacuation des gaz brulés ou directement vers l’extérieur.

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Que faut-il observer à propos des émetteurs de chaleur ?

Vous savez désormais quels matériels équipent le bien que vous visitez, mais il reste de nombreux détails à passer au crible.

Pendant votre visite, nous vous conseillons de compter le nombre d’émetteurs de chaleur dans chaque pièce pour vous assurer que le logement est bien chauffé :

  • L’idéal est d’avoir au moins un émetteur de chaleur par pièce (cuisine, salle d’eau ou de bain, chambre, séjour, salon…)
  • Attention, dans les logements anciens, vous trouverez peut-être des radiateurs type « grille-pain » qui consomment énormément et dont la performance n’est pas la meilleure.

Regardez également l’emplacement des émetteurs de chaleur dans la pièce. Pour les radiateurs, la place optimale est sous les fenêtres, au plus près des apports en froid. Si le bâtiment est mal isolé et que les radiateurs sont installés ailleurs : attention au risque de zone froide près des fenêtres !

Pour le chauffage électrique   

Les performances du chauffage électrique varient selon le type : à inertie, à panneaux rayonnants, à accumulation, ou convecteur. Le radiateur à inertie, le panneau rayonnant, et le radiateur à accumulation sont des équipements de qualité qui conviennent à toutes les pièces, contrairement au convecteur.

  • Le radiateur à inertie est de loin le plus agréable en termes de diffusion de chaleur, même si le logement est moyennement isolé. Il émet une chaleur homogène, diffusée de manière régulière.
  • Pour les grands volumes, le panneau rayonnant sera la meilleure solution. Son rayonnement direct offre une sensation de chaleur homogène qui se diffuse dans toute la pièce.
  • Pour les pièces de vie où les habitats anciens difficiles à isoler, le très puissant (de 1200 à 7500W) radiateur à accumulation séduit par sa chaleur enveloppante.

Particulièrement inadapté aux grandes pièces et aux grandes hauteurs sous plafond, le convecteur est plus énergivore que le radiateur à inertie, pour un confort moindre

Pour la salle de bain, un radiateur sèche-serviette vous permettra d’assurer une température confortable dans la pièce. Son avantage ? Il vous offrira des serviettes sèches et chaudes à tout moment de la journée.

Pour le chauffage à eau chaude

Un système de chauffage à eau chaude en bon état favorise une chaleur constante dans votre logement.

Si le chauffage est en fonctionnement lors de la visite, passez votre main sur chaque radiateur pour sentir la chaleur.

  • Si le haut est plus chaud que le bas, c’est la preuve que le radiateur fonctionne bien.
  • Si le radiateur est aussi chaud en haut et en bas, cela signifie que l’eau circule trop vite et n’a pas le temps de dissiper sa chaleur.
  • Si le haut du radiateur est froid, il y a sûrement de l’air dans le circuit.
  • Et s’il est bruyant, il faut procéder à une purge.

Les radiateurs les plus performants sont dits à “chaleur douce”. Ils nécessitent de l’eau à plus basse température pour offrir la même quantité de chaleur et leur surface de chauffe est plus importante que les radiateurs traditionnels. Si la pièce est faiblement isolée, le radiateur en fonte est le plus adapté grâce à la bonne inertie de la fonte : si le logement que vous visitez est équipé de radiateurs en fonte, nous vous conseillons de les conserver. Grâce à leur rapide montée en température, les radiateurs en acier et aluminium conviendront à des logements bien isolés

 

Pour le plancher chauffant

Le revêtement du sol doit être compatible avec une installation de plancher chauffant. Le carrelage, la pierre, les sols souples, les parquets de moins de 15 mm d’épaisseur et le béton ciré sont les revêtements conseillés pour ce type de chauffage. Attention cependant au carrelage : plus les carreaux sont grands, plus ils risquent de se fissurer !

Vous devez également veiller au type de moquette présent dans le logement. En raison de ses propriétés isolantes, celle-ci peut être incompatible avec une émission par plancher chauffant. Elle doit être la plus fine possible et sans envers en mousse.

Nous vous conseillons également de vérifier le type de plancher chauffant installé : s’il s’agit d’un plancher chauffant à eau chaude, il est interdit de percer le sol.

Enfin, notez que les tapis et les meubles sans pieds sont déconseillés en cas de plancher chauffant, puisqu’ils bloquent les émissions de chaleur. Prévoyez des meubles sur pieds, à 3 cm minimum du sol.

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Vérifiez s’il y a un système de régulation

Un système de régulation permet de moduler le fonctionnement du chauffage en fonction de la température ambiante souhaitée. Si ce genre de système est présent dans chaque pièce, c’est un plus pour le confort thermique et votre porte-monnaie !

Vous pouvez vous en assurer en constatant la présence d’un thermostat d’ambiance dans la pièce et de robinets thermostatiques sur les radiateurs.

Certains équipements peuvent également être pourvus d’un système de régulation intégré comme les convecteurs électriques et les panneaux rayonnants Si vous avez un doute, posez la question !

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Quels documents demander ?

Pour avoir toutes les clés en main, dans la vérification du système de chauffage du logement, certains documents peuvent vous apporter de nombreuses informations complémentaires.

Quel que soit le type de logement :

Demandez à votre interlocuteur de vous fournir le diagnostic de performance énergétique, aussi appelé DPE. Ce document va vous donner le classement énergétique du logement. Prenez garde au classement ! Si le logement que vous visitez est classé F ou G, une rénovation énergétique devra être réalisée d’ici 2025.

S’il s’agit d’un logement avec un chauffage individuel :

Pour vous assurer le bon fonctionnement de l’ensemble des équipements, vérifiez qu’ils ont été correctement entretenus.

  • Pour la chaudière : demandez l’attestation d’entretien et les rapports de visite périodique d’entretien.
  • Pour la pompe à chaleur (PAC) : demandez le rapport de contrôle d’étanchéité du circuit frigorifique ainsi que les factures de maintenance annuelle.
  • Le diagnostic gaz vous permettra de connaître l’état de l’installation intérieur et les éventuelles anomalies constatées par l’opérateur, ainsi que leur degré de gravité.

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