Plomberie : que devez-vous regarder lors d’une visite de logement ?

Une plomberie en bon état est fondamentale pour garantir le confort d’un logement. Afin d’éviter les mauvaises surprises, nos experts vous livrent leurs conseils et différents points à contrôler sur l’installation d’eau.

Au sommaire :
Plomberie : que devez-vous regarder lors d’une visite de logement ?

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Que devez-vous regarder au niveau des raccordements en eau du logement ?

Lors de vos visites, plusieurs points doivent être vérifiés pour vous assurer d’une installation bien faite au niveau des raccordements. Si vous n’avez pas de compétence en la matière, vous pouvez solliciter un expert en plomberie-chauffage ou plomberie sanitaire pour vous accompagner et dresser un diagnostic plomberie.

Le diagnostic plomberie est-il obligatoire ?

Contrairement au diagnostic électrique, le diagnostic plomberie n’est pas obligatoire en cas de vente ou de location d’un bien immobilier. Cependant, en tant que futur acquéreur, cela peut valoir la peine de recourir à un professionnel plombier-chauffagiste pour faire le bilan de l’état de l’installation avant l’achat de la maison ou de l’appartement. Vous éviterez ainsi les mauvaises surprises et les dépenses non prévues pour des fuites/réparations urgentes.

L’arrivée générale d’eau froide

Parmi les premières questions à poser :

  • Y a-t-il un robinet ou une vanne d’arrêt général ?
  • Si tel est le cas, où est-il situé ? Est-il facilement accessible ?
  • Son aspect : est-il en bon état de fonctionnement ? Est-il rouillé ? Bien fixé ?

Vous trouverez le plus souvent le compteur d’eau dans les pièces d’eau (cuisine, salle de bain). Si le bien que vous visitez est un appartement, il y a de fortes chances pour qu’il se trouve au niveau de l’entrée du logement ou en gaine palière dans les parties communes. En maison, il est généralement installé au rez-de-chaussée, mais on peut aussi le trouver à l’extérieur du logement, ou dans le jardin !

À savoir

Depuis 2007, l’installation doit obligatoirement se faire à l’extérieur lorsqu’il s’agit de nouvelles constructions, afin de faciliter la relève de la consommation d’eau.

Le compteur d’eau chaude

Vous trouverez un compteur d’eau chaude uniquement dans les logements collectifs. Les maisons individuelles n’en sont pas équipées.

En appartement, il est souvent situé à l’intérieur du logement, mais il se peut également qu’il n’y en ait pas, car ce n’est pas obligatoire. S’il n’y a pas de compteur et que la production d’eau chaude sanitaire (ECS) est collective (c’est-à-dire que l’appartement ne dispose pas de chaudière ou de chauffe-eau individuel), les frais peuvent être répartis entre copropriétaires selon des règles définies dans le règlement de copropriété.

La distribution d’eau dans les pièces du logement

Une maison peut comporter plusieurs départs distincts d’eau froide. Plus coûteux en termes de réalisation, ce dispositif permet d’isoler un réseau s’il y a un problème sur celui-ci (une fuite ou un écoulement par exemple) sans couper l’alimentation en eau potable des autres pièces grâce aux différents robinets.

En logement collectif, il n’y a qu’un seul départ d’eau froide : les tuyaux sont ensuite répartis par équipement sanitaire. Vérifiez que chaque équipement dispose d’un robinet d’arrêt : en cas de besoin, vous pourrez ainsi isoler un équipement et éviter les coupures d’eau générales. Le robinet d’arrêt est facilement reconnaissable. Généralement, il a une poignée rouge ou dorée ou la forme d’une vanne à boisseaux sphériques ¼ de tours.

La nature et l’état des canalisations d’eau froide et d’eau chaude

Aujourd’hui, les canalisations sont majoritairement en cuivre, en PER, en PVC (utilisé plutôt pour l’évacuation des eaux usées) ou en multicouche. Selon le matériau, les raccords en laiton, cuivre ou PVC sont à sertir, à visser ou à souder. Pour contrôler visuellement l’état des canalisations, vérifiez les tuyaux, observez s’il y a des traces au sol, au mur et bien sûr d’éventuelles fuites apparentes au niveau d’un raccord, d’un radiateur, près des lavabos, etc.

Dans le cas d’un logement ancien qui n’a pas été rénové, assurez-vous que les tuyaux d’alimentation ne soient pas en plomb. Selon l’OMS, l’exposition au plomb a des effets divers sur la santé (maladie du système nerveux, des reins…). Il convient donc de limiter dans la mesure du possible les canalisations en plomb afin de réduire la présence du métal dans l’eau.

Pour aller plus loin, pensez à consulter le diagnostic plomb du logement visité, obligatoire pour les maisons et appartements datant d’avant 1949.

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À quoi devez-vous veiller au niveau des équipements et de la robinetterie ?

Pour savoir si des frais sont à prévoir pour remplacer ou rénover la plomberie, suivez nos conseils pour avoir une idée de l’état de l’installation sanitaire et des équipements de plomberie.

Au niveau de la robinetterie

Regardez quel est le type de robinet : s’agit-il d’un mélangeur, d’un mitigeur ou d’un mitigeur thermostatique ? Pour vous y retrouver, voici les caractéristiques de chacun.

  • Le mélangeur est le robinet le plus traditionnel, avec ses deux poignées à tourner pour obtenir le bon dosage entre eau chaude et eau froide. Pour éviter les brûlures, il faut toujours ouvrir le robinet d’eau froide en premier et ajouter progressivement l’eau chaude pour obtenir la température souhaitée.
  • Avec sa manette de commande unique, le robinet mitigeur simple mélange automatiquement eau chaude et eau froide.
  • Le seul équipement permettant d’éviter les brûlures est le mitigeur thermostatique : réservé aux douches et aux baignoires, cet équipement comporte une bague de sécurité qui limite la température à 38°C. Pour obtenir une température plus chaude, il suffit de le déverrouiller.

 

Contrôlez la hauteur des robinets. Plus un bec de mitigeur de cuisine est haut, plus il est pratique pour remplir ou nettoyer des récipients importants. Mais attention, s’il se trouve sous une fenêtre, il ne doit pas en gêner l’ouverture.

Soyez également vigilant sur les points suivants :

  • l’état général des canalisations ;
  • d’éventuelles fuites ou gouttes au niveau des robinets ;
  • le débit de l’eau en ouvrant les robinets ;
  • la pression de l’eau (si elle est trop élevée, l’installation d’un réducteur de pression peut s’avérer nécessaire ; au contraire, si elle est trop faible, un surpresseur est à prévoir) ;
  • l’évacuation de l’eau ;
  • la couleur et l’aspect de l’eau : est-elle colorée, trouble ? ;
  • les odeurs provenant de la tuyauterie ;
  • la présence ou non d’humidité et de moisissures, qui peut être liée à un problème de plomberie.

Les équipements et la robinetterie dans la cuisine

Regardez le type d’évier : un évier à deux bacs est plus pratique qu’un évier à un seul bac. Pensez à regarder sous l’évier, au niveau de l’étanchéité du siphon et de la canalisation, pour repérer les traces d’humidité susceptibles d’entraîner de la corrosion.

Pour les arrivées d’eau de l’électroménager : avez-vous de quoi installer vos appareils électroménagers ? Un nombre suffisant d’arrivées et d’évacuations d’eau vous permettra de gagner en confort ainsi qu’en sécurité. Vérifiez la présence de ces évacuations. L’alimentation en eau des équipements type lave-vaisselle ou lave-linge doit, si possible, être équipée d’un dispositif qui limite le calcaire et le tartre comme un adoucisseur d’eau. Regardez ou demandez si tel est le cas.

Les équipements et la robinetterie dans la salle d’eau

Observez bien les équipements de salle de bain :

  • La nature des matériaux de la baignoire et du lavabo et contrôlez l’absence de rayures.
  • L’état des joints.
  • Les dimensions de la baignoire : correspondent-elles à vos besoins ? Habituellement, une baignoire de 160 à 170 x 75 cm est recommandée.
  • Les dimensions de la douche : est-elle assez grande pour permettre à l’usager de s’en servir confortablement ? Peut-elle être remplacée par une baignoire, et inversement ? Est-elle adaptée en cas de personne à mobilité réduite (receveur plat ou douche à l’italienne, siège, barre d’appui latérale, etc.).

Les équipements au niveau des WC

Votre attention doit se porter particulièrement sur la chasse d’eau et la fixation des WC : l’installation sanitaire est-elle en bon état ? Vérifiez qu’il n’y a pas de fuite ou suintements à deux niveaux : au sol ou au robinet d’arrêt de la chasse d’eau. L’ensemble cuvette-abattant ne doit présenter aucune fissure car c’est dans celle-ci que se logent les bactéries.

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Pour une maison, que devez-vous observer au niveau du raccordement au réseau d’eau et d’assainissement ?

Le raccordement au réseau d’eau de ville

La première chose est de savoir si la maison est bien reliée au réseau d’adduction d’eau public. Une facture du distributeur d’eau vous permettra de vérifier ce point.

Si c’est le cas, regardez le branchement d’eau. Pour cela :

  • Demandez à ce que le regard de branchement vous soit ouvert : il doit être propre, sans déchets, ni eau stagnante, ni sédiments.
  • Vérifiez aussi qu’il y a bien un robinet d’arrêt et un clapet anti-retour au niveau du comptage. S’il y a des regards sur le terrain, demandez à ce qu’ils vous soient ouverts et vérifiez s’ils sont propres.

Si une portion du tuyau d’alimentation en eau traverse un espace susceptible de descendre en dessous de 0°C, demandez s’il est bien isolé thermiquement. Si ce n’est pas le cas, cela signifie peut-être que l’eau provient d’un puits, d’un forage sur nappe phréatique ou d’une source. Dans ce cas, cette utilisation d’eau issue d’un milieu naturel est soumise à déclaration sanitaire auprès de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS). Demandez les documents existants sur ce sujet : déclaration DDASS avec les caractéristiques du forage (débit, profondeur, etc.) ou résultat d’une analyse de l’eau effectuée par un laboratoire agréé.

Si vous souhaitez faire l’installation de l’eau dans une maison c’est-à-dire la raccorder au réseau d’eau, il vous faudra prendre contact avec le gestionnaire local qui se chargera d’étudier les conditions de réalisation du raccordement et d’établir un devis. Une fois l’autorisation administrative obtenue, les travaux de raccordement et de plomberie seront effectués. Un compteur sera également installé sur la propriété.

Et la récupération des eaux de pluie dans tout ça ?

Récupérer les eaux de pluie est écologique et permet de faire des économies d’eau pour arroser votre jardin, ou encore alimenter la chasse d’eau de votre WC. Si la question vous intéresse, n’hésitez pas à demander si un système est mis en place. Si oui, s’agit-il d’un récupérateur d’eau externe ou d’une cuve enterrée ? Où se trouve cette cuve ou la citerne de stockage ? Quelle est la destination de l’eau récupérée ?

Le raccordement au réseau d’assainissement et d’évacuation des eaux usées

Assurez-vous que la maison est bien raccordée au réseau public d’assainissement, autrement dit au tout-à-l’égout. Si c’est le cas, demandez une copie des documents de conformité du raccordement. Si le branchement n’est pas conforme (réseau public en séparatif avec un réseau pour les eaux usées et un réseau pour les eaux de pluie, et réseau privé avec un seul réseau évacuant les eaux de la maison vers le réseau public), vous devrez tôt ou tard le mettre en conformité.

Dans le cas où les réseaux d’évacuation seraient visibles, regardez bien leur état général, notamment les raccords entre les tuyaux, au niveau de la soudure où des fuites peuvent survenir : les tuyaux vous paraissent-ils en bon état et les raccords ont-ils l’air de bonne qualité ?

Si la maison a un système d’assainissement non collectif ou autonome, demandez le diagnostic obligatoire de l’installation. Quel système est installé : un épandage souterrain, un lit filtrant ou à sable, un tertre d’infiltration ou une micro-station d’épuration ? Sachez que la fosse septique est interdite depuis l’arrêté du 7 septembre 2009 et qu’elle doit être remplacée par une fosse « toutes eaux » traitant toutes les eaux et pas seulement les eaux-vannes grâce à des tranchées d’épandage ou une micro-station d’épuration. N’hésitez pas à poser toutes ces questions à la personne vous faisant visiter le bien.

Dans le cas d’un système d’assainissement non collectif, demandez où se trouve l’installation et vérifiez qu’elle fonctionne correctement. Le diagnostic assainissement non collectif qui vous sera obligatoirement fourni en cas de vente vous renseignera sur ce point. Pour une location, demandez les documents d’entretien du système d’assainissement et s’il y a un diagnostic.

Pour aller plus loin

Cuisine Salle de bain

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